lundi 7 avril 2008

Iran : taux d'inflation de 18,4% pour l'année iranienne écoulée

L'article est publié sur le site Les Echos.

Le taux d'inflation en Iran pour l'année iranienne terminée le 19 mars 2008 s'est fixé à 18,4%, selon des chiffres de la banque centrale, alors que le ministre de l'Economie a reconnu que le gouvernement avait "échoué" à le réduire.

Ce taux, publié dimanche sur le site internet de l'institution bancaire, indique une accélération de la hausse des prix sur l'année écoulée, le taux pour l'année iranienne terminée le 20 mars 2007 ayant été de 13,5%.
La banque centrale avait prévu en mai dernier que le taux d'inflation atteindrait 17% pour l'année iranienne 2007-2008.
De nombreux experts économiques ont mis en doute les chiffres officiels de la hausse des prix, qui est selon eux supérieure dans la réalité.
Le ministre de l'Economie, Davoud Danesh Jaafari, a admis dimanche que "malgré le rapport de la banque centrale sur le fait que les performances du gouvernement en matière économique ont été positives, le plan du gouvernement de réduire le taux d'inflation ne s'est pas matérialisé".
"Le gouvernement a échoué à contrôler l'inflation dans l'année (iranienne) écoulée", a-t-il dit, cité par l'agence Irna.
Cette inflation est causée par une injection massive dans le circuit économique de fonds publics, rendue possible par la hausse des revenus de la vente du pétrole.
Le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad a largement puisé dans cette cagnotte pour financer des projets d'infrastructures à travers le pays, gonflant la masse monétaire en circulation de près de 40% chaque année depuis son élection en juin 2005.
Le président n'en pas pas moins fait porter la responsabilité de la hausse des prix sur des "facteurs extérieurs", indépendants de sa politique.
Des rumeurs dans les médias ont fait état d'un limogeage imminent de M. Danesh Jaafari par M. Ahmadinejad.
Le porte-parole du gouvernement Gholam Hossein Elham a démenti samedi, en qualifiant ces rumeurs de "geste destiné à saper les plans économique et monétaire du gouvernement pour la nouvelle année".
Dans des propos rapportés par la télévision d'Etat, M. Danesh Jaafari a adopté une position plus ambiguë en expliquant que le gouvernement avait déjà fait l'objet de telles rumeurs sur la démission de responsables, "qui sont parfois devenues réalités".
Cinq ministres ont déjà été remplacés dans le gouvernement de M. Ahmadinejad depuis son élection.


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dimanche 6 avril 2008

Une étudiante en résidence surveillée à Téhéran

Les autorités retiennent en résidence surveillée une étudiante franco-iranienne. Elles lui reprochent la réalisation d'un film documentaire sur les événements qui ont suivi la fin de la guerre entre l'Iran et l'Irak.

Une étudiante en journalisme franco-iranienne, qui travaillait sur un documentaire dans le cadre de son doctorat, est retenue en résidence surveillée depuis mars 2007 à Téhéran après avoir passé un mois en détention, a-t-on appris mercredi 20 juin auprès de Reporters sans Frontières (RSF).
Mehrnoushe Solouki avait obtenu les autorisations des autorités iraniennes pour réaliser un film sur les événements qui ont suivi la fin de la guerre entre l'Iran et l'Irak en 1988 dans le cadre de ses études à l'université du Québec (Canada), selon un communiqué de RSF.

Ses images saisies par les autorités

C'est après avoir interrogé des familles de moudjahidines du peuple (opposants au régime de Téhéran, ndlr) victimes de la répression que Mehrnoushe Solouki a été arrêtée, précise le document.
Arrêtée le 17 février 2007, elle a été placée en détention pendant un mois dans la prison d'Evin dormant à même le sol, sous la lumière permanente d'un néon et subissant de nombreux interrogatoires, selon son témoignage envoyée à RSF.
Elle a été libérée le 19 mars 2007 après avoir versé une caution de l'équivalent de 80.000 euros et est depuis maintenue en résidence surveillée.
Ses notes de travail et ses images ont été saisies par les autorités, selon RSF.


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samedi 5 avril 2008

Le régime iranien s’attaque à la presse

Envoyé spécial de Libération à Téhéran JEAN-PIERRE PERRIN

«L’automne au seuil du printemps», c’est le titre de Etemad-e Melli, l’un des derniers quotidiens réformateurs, pour déplorer la fermeture, au lendemain des élections législatives, de neuf titres de la presse iranienne, essentiellement des revues culturelles ou de loisirs sans contenu proprement politique. Les autorités leur reprochent notamment d’avoir propagé «les superstitions», autrement dit, d’avoir peut-être un peu trop publié de photos de stars américaines. Ce n’est pas fini : treize autres publications sont actuellement sur la sellette.

Groupuscules. A Etemad-e Melli, on n’est donc jamais sûr que le prochain numéro ne sera pas le dernier. «Bien sûr que nous sommes préoccupés» , reconnaît Mohammed Javad Haghshenas, le directeur de la publication. Le journal n’en continue pas moins de défendre avec vigueur la liberté de la presse et à faire campagne pour la ligne réformatrice. Ou plutôt les lignes, car l’unité fait défaut, faisant apparaître le camp réformateur comme un archipel de groupes et de groupuscules. Comme les conservateurs, d’ailleurs.

Mais les réformateurs reviennent, eux, de loin : en interdisant à quelque 2 200 candidats de se présenter, dont d’anciens députés et ministres réformistes, le Conseil des gardiens de la Constitution, tenu par des savants religieux proches du Guide Ali Khamenei, semble les avoir poussés à boycotter le scrutin du 16 mars. Ce qui les aurait alors placés hors de l’espace politique, en situation de quasi-hors-la-loi, les privant de la possibilité de se présenter au scrutin présidentiel de l’an prochain. «Du début à la fin, cette élection n’a pas été honnête. Nous n’avons cessé de protester. Mais il faut aller voter, c’est la seule façon de changer la situation», insiste Mohammed Javad Haghshenas. Demeure que pour plus de 100 sièges - sur 290 -, les réformateurs n’ont pas pu présenter de candidat à cause des invalidations.

Cela n’a pas été le cas à Téhéran. Pourtant, les résultats y sont accablants pour les réformateurs. A moins d’une forte mobilisation pour le second tour, dont la date est encore inconnue, ils ne devraient avoir aucun des 30 sièges en compétition. Le candidat réformateur qui a obtenu le meilleur score n’a arraché que 5 % des suffrages.

D’une façon générale, le taux de participation a été l’un des plus bas que l’Iran ait connus : 26,9 % dans la capitale et 28,2 % dans le département de Téhéran, selon les chiffres officiels. «Cette chute de la participation est un signal d’alarme pour le régime. En même temps, quand la participation tombe, cela profite aux conservateurs qui bénéficient d’un vote clientéliste bloqué. Celui-ci représente entre 7 et 15 % des suffrages», explique un politologue iranien.

Félonie. En province, où la participation est largement supérieure, les réformateurs s’en sortent mieux. Ils devraient compter sur une cinquantaine de députés plus une vingtaine d’indépendants qui seraient des réformateurs déguisés. Soit un nombre analogue à celui des partisans de Mahmoud Ahmadinejad, mais bien inférieur à ceux de l’ensemble du camp conservateur. D’une façon générale, les réformateurs les plus tièdes, ceux conduits par l’ancien président du Parlement, Mehdi Karoubi ont été éliminés. Ce religieux s’était entendu avec le Conseil des gardiens pour avoir moins de candidats disqualifiés, ce qui l’avait poussé à claironner des imprécations contre les réformateurs, plus fermes, de l’autre grande tendance, le Front de la participation de l’ancien président Mohammad Khatami. Les électeurs lui ont fait payer sa félonie.

Dans la perspective du scrutin présidentiel, les réformateurs s’emploient déjà à mettre sur pied une grande coalition qui réunirait toutes les mouvances autour d’un candidat dont le nom n’est pas connu. «Elle rassemblerait les partisans de Khatami, de Karoubi, de Rafsandjani, et même Rohani [l’ancien responsable du dossier nucléaire, proche du Guide, ndlr]. Ce n’est pas encore gagné, mais nous progressons dans cette voie» , indique Sayyed Mohammad Kharazi, un ancien vice-ministre des Affaires étrangères et conseiller de Khatami. Objectif : battre à tout prix Ahmadinejad. Mais sera-t-il alors encore le favori des factions conservatrices ?



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vendredi 4 avril 2008

Nucléaire: l'Iran installe ses centrifugeuses avancées

L'Iran a commencé l'installation dans son complexe nucléaire souterrain de Natanz de centrifugeuses de nouvelle génération qui pourraient lui permettre d'enrichir davantage d'uranium, apprend-on de source diplomatique.

L'Iran dit ne vouloir produire du combustible nucléaire que pour alimenter des centrales électriques. Les Nations unies ont toutefois infligé trois séries de sanctions à la république islamique concernant son programme nucléaire.

Téhéran avait installé l'an dernier 3.000 centrifugeuses dans le complexe de Natanz, suffisamment pour enrichir l'uranium à une échelle industrielle.

Ces machines étant d'un modèle peu fiable datant des années 1970, l'Iran avait entrepris d'en tester une version avancée.

Sur les plus de 300 nouvelles centrifugeuses installées ces derniers mois à Natanz, une partie sont d'anciens modèles, mais le reste relève de la nouvelle génération, ont indiqué des diplomates occidentaux ayant pu consulter des rapports à ce sujet.

"Le rapport entre les (nouvelles et les anciennes) centrifugeuses dans le dernier lot est encore incertain", a déclaré l'un d'eux à Reuters.

L'Iran semble en tout cas résolu à produire "au maximum" avec ce nouveau modèle en réduisant progressivement l'activité de l'ancien.

Les centrifugeuses iraniennes "IR-2" peuvent enrichir l'uranium deux fois plus vite que les modèles précédents.

Le représentant iranien à l'AIEA a indiqué à Reuters qu'il n'avait pas connaissance de ce développement à Natanz. L'Agence internationale de l'énergie atomique, dont les inspecteurs ont accès au complexe souterrain, n'ont pas souhaité réagir.

8 AVRIL, JOURNÉE DE LA TECHNOLOGIE NUCLÉAIRE

Les centrifugeuses sont constituées de tubes tournant à une vitesse supersonique qui permettent d'enrichir l'uranium pour un usage civil ou militaire. Elles fonctionnent généralement en "cascades" de 164 machines reliées les unes aux autres.

Selon la première source diplomatique, l'Iran a achevé les contrôles de qualité et de fiabilité des nouvelles centrifugeuses et s'apprête à les alimenter en uranium.

On ignore toutefois quand ce processus commencera.

"Les deux nouvelles cascades ont été installées afin de respecter la directive du président (Mahmoud) Ahmadinejad, qui avait souhaité voir une réussite significative pour le 8 avril, la date dont l'Iran a fait la journée nationale de la technologie nucléaire", a indiqué cette source.

Il y a un an, Ahmadinejad avait profité de la même occasion pour annoncer que la capacité d'enrichissement à l'échelle industrielle avait été atteinte.

Selon des analystes, Téhéran n'a cependant pas prouvé être en mesure de faire fonctionner un grand nombre de centrifugeuses à vitesse élevée pendant de longues durées, condition nécessaire pour obtenir des quantités exploitables d'uranium enrichi.

Selon les diplomates interrogés, l'installation de ces nouvelles centrifugeuses est destinée à "présenter un fait accompli" afin d'affirmer l'intention iranienne de poursuivre et accélérer l'enrichissement en dépit des demandes du Conseil de sécurité de l'Onu.

Selon des diplomates proches de l'AIEA, une réunion avec un haut responsable iranien doit être organisée à la mi-avril à Vienne.

Version française Gregory Schwartz


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jeudi 3 avril 2008

L'Iran et Moqtada Al-Sadr renforcés après l'offensive militaire ratée du gouvernement irakien




S'il subsistait le moindre doute quant à l'influence majeure désormais exercée par l'Iran dans les affaires de son voisin irakien, le cessez-le-feu conclu, dimanche 30 mars, entre le chef radical chiite Moqtada Al-Sadr et trois missi dominici représentant le premier ministre Nouri Al-Maliki, également chiite, devrait l'avoir définitivement levé. Car c'est à Qom, le quartier général du pouvoir religieux iranien, que les négociations ont eu lieu. Et c'est, selon une bonne source, sous la houlette d'un militaire iranien, et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit du général Qassem Suleimani, chef des brigades Al-Qods du corps des pasdarans, que ce cessez-le-feu a finalement été conclu. Incidemment, au moins deux des trois envoyés spéciaux de M. Maliki, à savoir Hadi Al- Amari et Ali Adib, sont titulaires de la double nationalité irako-iranienne et ils ont, l'un et l'autre, vécu des années en exil à Téhéran. M. Adib est membre du même parti religieux que le premier ministre (Daawa), et M. Amari est le chef d'une puissante milice alliée, l'organisation Badr, qui domine l'encadrement de la nouvelle armée nationale irakienne et qui fut créée, financée et entraînée en Iran à partir de 1980.

INCITATION AMÉRICAINE
Tout au long de la semaine d'affrontements armés qu'ils ont approuvés, auxquels ils ont prêté la main, et qui a fait au moins 470 tués et des milliers de blessés, les Américains n'ont cessé d'encourager Téhéran "à mettre son influence au service de la stabilisation" de la situation.

C'est fait. Washington et Téhéran peuvent s'accuser mutuellement des pires méfaits en Irak, nombreux sont les esprits politiques de ce pays à penser que les deux puissances sont au moins d'accord sur la nécessité de ne pas laisser s'installer, aujourd'hui, un chaos général.
Engagés au nord dans une offensive contre les rebelles sunnites d'Al-Qaida, les Américains qui n'ont pas de présence militaire permanente à Bassora ont, semble-t-il, cru M. Maliki sur parole lorsque celui-ci leur a affirmé que son offensive serait quasiment une promenade de santé. Comme certains des généraux irakiens eux-mêmes qui l'ont confié, ils ont été "surpris" par la combativité de l'Armée du Mahdi, la milice du courant sadriste et par sa capacité à mobiliser des partisans dans toutes les grandes villes du sud chiite et jusqu'à Bagdad
M. Maliki n'a atteint aucun des objectifs qu'il s'était fixés. Les "18 milices" recensées à Bassora par le chercheur franco-irakien Hosham Dawod sont toujours en place et aux commandes de leurs juteux trafics.
Aucun des quartiers de Bassora ou d'ailleurs qui étaient sous la domination de l'Armée du Mahdi n'a été repris. Des centaines de policiers et de soldats à travers le pays ont refusé d'ouvrir le feu sur les miliciens et, parfois, les ont rejoints. Pour leur première grosse opération sous commandement national, et malgré 30 000 hommes sur place, la nouvelle armée et la police irakiennes formées par les Américains ont dû appeler les alliés anglo-saxons à la rescousse pour avancer ou se sortir de mauvais pas.
Théoriquement valide jusqu'au 8 avril, l'offre du premier ministre de "racheter" les armes lourdes des combattants au prix fort n'a pratiquement rien donné.
M. Maliki, qui s'était imprudemment juré de rester à Bassora "jusqu'à la victoire", a dû se résoudre à rentrer à Bagdad avec une crédibilité politique plus mince encore qu'avant l'offensive. Le fait qu'il ait qualifié, mardi, l'opération de "succès" et qu'il se soit abstenu d'en sonner la fin ne change rien à l'affaire. Il y aura sans doute d'autres affrontements interchiites avant les élections régionales du 1er octobre. En attendant, "c'est une grande victoire de l'Iran", se désole Mahmoud Othman, un élu kurde proche de la présidence de la République et toujours très bien renseigné. "Téhéran a montré que c'est lui et non Washington qui a la haute main sur nos affaires, analyse-t-il. L'objectif de l'Iran est de rendre Maliki aussi faible que possible pour qu'il soit obligé d'accepter ses visées. De fait, il a été obligé de courir à Qom pour négocier."
Le président Bush qui avait encouragé l'initiative de son allié et jugé qu'il s'agissait en l'occurrence d'un "test historique pour l'Irak libre" doit se mordre les doigts.

Patrice Claude


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mardi 1 avril 2008

L'Iran doit devenir un État laïque et démocratique

L'article publié dans le Figaro

Pour Reza Pahlavi, fils aîné de Mohammed Reza Pahlavi, dernier chah d'Iran, «l'Iran des mille et un désirs inaugurera une ère nouvelle pour son peuple».

Les récentes élections parlementaires en Iran ainsi que toutes les précédentes n'ont été qu'une mascarade grotesque pour masquer l'incompétence de gouvernements islamistes successifs depuis 1979. Vingt-huit ans déjà que je suis engagé dans un combat pour la laïcité et la démocratie en Iran. Vingt-huit ans déjà que j'observe, avec chagrin et désolation, l'inexorable descente d'un peuple dans les abîmes du désespoir, tant politique qu'économique et social. Tout au long de ces tristes années, j'ai été de ceux qui ont pu vivre en liberté. Mais, mon être profond n'a cessé de se sentir enraciné en Iran, dans une terre, une culture, un peuple, une histoire, et un destin.

Des millions de mes compatriotes, les deux tiers de la population du pays âgés de moins de trente ans, n'ont rien connu d'autre qu'une oppression théocratique instaurée avec la prise de contrôle de l'appareil d'État par les islamistes et les autres extrémistes, parvenus au pouvoir dans le sillage de l'ayatollah Khomeyni, depuis bientôt trente ans. Cette génération, née sous la théocratie, n'a connu ni la prospérité ni la sécurité, mais seulement la peur et la pauvreté.

Cette génération aspire au changement. L'impatience de cette jeunesse iranienne, de plus en plus frustrée et rebelle face à un régime clérical obsolète s'immisçant dans les moindres recoins de sa vie privée et publique, va croissante. Elle a été trop longtemps témoin de l'ineptie d'un État défaillant, détournant sa richesse nationale au profit d'une nébuleuse terroriste régionale ou engloutissant des milliards dans des projets inutiles et dangereux, aux antipodes de nos intérêts vitaux. Dans un monde de plus en plus intégré, cette jeunesse voit ses perspectives d'un avenir meilleur, s'éloigner avec l'isolement grandissant de son pays.

Mes compatriotes ne sont pas isolés dans leur désir de changement fondamental. Dans leurs rangs, il y a des militants des droits de l'homme ; des femmes réduites à la ségrégation sexuelle sous la chape de bêtise d'une théocratie misogyne ; des minorités religieuses et des communautés ethniques traitées comme des citoyens de seconde classe ; des chercheurs, des enseignants et des intellectuels privés de leur liberté d'expression ; des travailleurs spoliés de leurs droits syndicaux ; des médias muselés et des journalistes soumis à un chantage permanent.

Cette frustration, cette fureur grandissante, peut devenir une force irrésistible capable de produire le changement désiré en Iran. Ce pays, si ancien et si moderne à la fois dans ses inclinations ; si riche de potentialités ne demandant qu'à être libérées ; l'Iran, des mille et un désirs et promesses, peut, avec l'aide de la communauté internationale, inaugurer une ère nouvelle, pour son peuple et ceux de toute la région.

Il ne s'agit pas là d'une révolution violente, non ! Ce dont il est question ici, c'est la volonté collective de tout un peuple, similaire à ce qu'offrirent aux yeux du monde entier l'Inde, la Pologne, l'Afrique du Sud, l'Ukraine, et de nombreux pays de l'ex-bloc soviétique. Appelez ceci «révolution orange» ou «de velours», peu importe ! L'essentiel, c'est son contenu et son objectif de transition non violente vers la démocratie.

J'ai quitté mon pays, en 1978, à destination des États-Unis d'Amérique, afin d'y compléter ma formation de pilote de chasse. Là, j'ai eu l'opportunité de poursuivre mes études universitaires, de former une famille et d'élever mes enfants. Ma vie en Occident, en Amérique et en Europe m'a profondément imprégné des valeurs de la liberté et de la démocratie. Mais, tout comme nombre de mes compatriotes par le vaste monde, je reste attaché à ma terre natale et regarde l'horizon avec la même question en tête : quand pourrai-je retrouver mon pays, libre et prospère ?

Notre objectif commun n'est rien de moins que la dignité retrouvée pour l'ensemble des Iraniens, le respect des droits de l'homme, la mise au point de projets adéquats répondant aux urgences économiques et sociales qui s'amoncellent en Iran, et l'établissement d'un ensemble de relations harmonieuses avec nos voisins, l'Occident, et la communauté internationale, dans un contexte de paix.

Comme symbole d'une volonté nouvelle, le drapeau traditionnel iranien, frappé du Lion et du Soleil, rétabli dans son ancrage culturel et historique, constituera l'emblème, la déclaration visuelle transmise au monde que l'Iran est prêt pour une nouvelle ère, celle d'un pays libre, laïque, ouvert et démocratique, doté d'une gouvernance représentative des aspirations des générations présentes et à venir.

C'est pourquoi, je vous invite à me rejoindre aux côtés d'autres Iraniens partageant une même vision et organisés en Iran et à travers le monde, pour mener ce combat. Le changement doit venir. C'est à ce changement pour un Iran démocratique tourné vers l'avenir que je reste entièrement dédié.


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