mardi 27 mai 2008

L'Iran dans les coulisses de Doha

lisez ici l'article de Delphine Minoui sorti dans le blog du Figaro.

lire la suite (...)

L'AIEA demande plus d'informations à l'Iran sur son programme nucléaire

L'Iran refuse toujours de faire toute la lumière sur son programme nucléaire, constate l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans son dernier rapport, rendu lundi 26 mai, près de trois mois après le vote de nouvelles sanctions de l'ONU, après celles de 2006 et de 2007. Les études que l'Iran a menées sur un projet dit "Green Salt", sur des explosifs de haute intensité, et sur un élément de missile (le "véhicule de rentrée") "demeurent un objet de sérieuse préoccupation", dit ce texte dont Le Monde a pris connaissance.

"L'Iran détient plus d'informations qu'il ne nous en fournit", a commenté une source proche de l'AIEA. "L'Iran doit encore fournir des explications substantielles", a ajouté cet officiel, laissant filtrer la frustration des équipes d'enquêteurs internationaux. Il a souligné qu'en l'absence de transparence de la part de l'Iran, l'AIEA "n'a peut-être qu'une vision partielle" de l'ensemble des travaux nucléaires, faisant ainsi allusion à une possible dimension restée clandestine.

SITE DE TESTS

Depuis février, l'AIEA enquête au cœur des questions les plus sensibles du programme nucléaire iranien, celles liées à une possible militarisation : des études soupçonnées de recouvrir la mise au point d'un site de tests nucléaires et la fabrication d'une tête de missile capable d'accueillir une charge nucléaire. L'Iran avait refusé de se pencher sur ces questions dans son dialogue avec l'Agence, avant de se raviser le 21 avril. Mais ses réponses ont été incomplètes, selon l'AIEA.

Le rapport, d'une tonalité assez sévère, insiste sur la nécessité pour l'Iran de tirer au clair les liens entre des institutions militaires et le secteur nucléaire. Des sociétés rattachées au ministère iranien de la défense ont produit des équipements pour le programme nucléaire, notamment des composantes de centrifugeuses, et auraient pris part à des efforts d'acquisition de matériel nucléaire à l'étranger. L'AIEA a ainsi demandé en vain des éclaircissements à propos des voyages effectués entre 1998 et 2001 à l'étranger par un homme clé du programme iranien, Mohsen Fakrizadeh.

Le rapport met aussi en évidence le rôle du Pakistan. L'AIEA a eu la confirmation qu'un document sur le moulage d'uranium-métal en forme hémisphérique, susceptible de correspondre à une tête de missile, provenait des réseaux pakistanais du marché noir nucléaire.

L'Iran continue d'affirmer que certains des documents que lui a soumis l'AIEA sont des "falsifications", mais il a néanmoins accepté le processus de l'enquête, qui pourrait s'étirer encore sur des mois, dit l'officiel proche de l'Agence. Entre-temps, défiant les demandes de l'ONU, l'Iran continue d'enrichir de l'uranium. Quelque 3 500 centrifugeuses tournent désormais sur le site de Natanz.

Natalie Nougayrède
lisez aussi les articles parus à ce sujet dans le nouvel observateur et aussi dans L'Express


lire la suite (...)

jeudi 22 mai 2008

Refoulée de France, son passeport est confisqué en Iran

L'affaire devient chaque jour un peu plus kafkaïenne. Chaque jour, Sharar Nakhaï se demande quand elle va pour voir rejoindre son père, Français et malade. Cette femme Iranienne de 53 ans avait été refoulée la semaine à arrivée l' aéroport Saint-Exupéry, parce qu'elle avait un visa mais pas de certificat d'hébergement. Elle avait été recontactée lundi par l'ambassade de France à Téhéran, qui lui proposait un nouveau visa en urgence. Mais voilà. Comme elle est revenue de France refoulée par les policiers français, Shahar se retrouve suspecte dans son pays, et son passeport lui a été confisqué à son retour.

Suite des mésaventures d'une Iranienne refoulée de France

SOCIETE - L'affaire devient chaque jour un peu plus kafkaïenne. Chaque jour, Sharar Nakhaï se demande quand elle va pour voir rejoindre son père, Français et malade. Cette femme Iranienne de 53 ans avait été refoulée la semaine à arrivée l' aéroport Saint-Exupéry, parce qu'elle avait un visa mais pas de certificat d'hébergement. Elle avait été recontactée lundi par l'ambassade de France à Téhéran, qui lui proposait un nouveau visa en urgence. Mais voilà. Comme elle est revenue de France refoulée par les policiers français, Shahar se retrouve suspecte dans son pays, et son passeport lui a été confisqué à son retour. Elle ne parvient pour l'instant pas à le récupérer...

C'était au départ une histoire ordinaire. Celle d'une passagère refoulée à son arrivée en France. Sharar Nakhaï vit en Iran. Sa soeur, Chiva, vit aux Etats-unis. Elle ont donc un père Français, qui vit dans la région grenobloise et qui est très malade, dans un état critique depuis peu. Prévenues, les deux soeurs ont entrepris des démarches pour le rejoindre le plus vite possible. Sharar a demandé un visa à l'ambassade de France à Téhéran. On lui a demandé un certificat médical. Elle en a fait faxer un rapidement, et le sésame lui a été immédiatement délivré. Les deux soeurs ont alors pris l'avion.

Chiva est arrivée sans problème mercredi. Sherar s'est posée vendredi de Téhéran, via Istambul, et elle a été refoulée. «On l'a attendu toute la journée, raconte Chiva. Vers 23h, je me suis rendu à l'aéroport. On m'a dit qu'elle avait été refoulée parce qu'il lui manquait un papier. J'ai réussi à la joindre le lendemain. Elle avait été remise dans le premier avion avec des menottes. Les policiers l'ont laissée appeler chez mes parents, cela ne répondait pas, ils n'ont pas voulu qu'elle passe un deuxième appel. » La direction interrégionale de la police aux frontières conteste le menottage, mais confirme que la jeune femme a été refoulé, parce qu'elle avait un visa, mais pas de certificat d'hébergement.

De retour en Iran, elle a téléphoné lundi à l'ambassade de France, qui lui a dit que le visa n'était plus valable, puisqu'elle était rentrée. Il fallait écrire aux Affaires étrangères. Mais quelques heures plus tard, la même ambassade a rappelé, et lui a expliqué que son histoire avait été médiatisée en France, qu'il fallait qu'elle vienne rapidement. Un visa devait lui être délivré. Mais il faudrait d'abord que les autorités iraniennes lui rendent son passeport...
Ol.B.



lire la suite (...)

mardi 20 mai 2008

Téhéran décapite la direction baha'ie

Les persécutions ont repris contre cette minorité religieuse pacifique.

L'ARRESTATION sans motif, mardi, de six dirigeants de la communauté baha'ie, vient de susciter un profond émoi parmi les membres de cette minorité religieuse régulièrement persécutée en Iran. « Depuis l'arrivée au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad (juin 2005), on assiste à un durcissement. Il y a deux ans, une cinquantaine de jeunes Baha'is avaient déjà été arrêtés. Mais là, c'est la première fois que ce sont des coordinateurs importants de la communauté qui sont touchés en bloc », indique au Figaro Diane Ala'i, représentante de la communauté baha'ie auprès des Nations unies, à Genève.

Depuis la révolution islamique de 1979, le culte baha'ie, né en Iran au XIXe siècle, est proscrit. À l'inverse des autres minorités religieuses (chrétiens, zoroastriens, juifs) du pays, la petite communauté ne dispose d'aucun représentant au Parlement iranien. Au début des années 1980, les neufs membres de l'assemblée spirituelle baha'ie disparurent sans laisser de trace. L'année suivante, huit des neufs nouveaux membres furent exécutés. À l'époque, la répression finit par pousser la communauté à s'organiser dans la plus grande discrétion, et à créer un groupe d'amis, chargé de gérer les affaires de la communauté de manière informelle. C'est de ce groupe que faisaient partie les six personnes arrêtées, Behrouz Tavakkoli, Saeid Rezaie, Fariba Kamalabadi, Vahid Tizfahm, Jamaloddin Khanjani et Afif Naeim. Le septième membre du groupe, Mme Mahvash Sabet, était déjà emprisonné depuis le 5 mars.

Incitation à la haine

« Ce qui vient d'arriver ne peut que nous alarmer et nous rappeler les années noires », confie Diane Ala'i. C'est après des perquisitions poussées pendant cinq heures à leur domicile, hors de toute procédure légale, que les six personnalités baha'ies ont été arrêtées et conduites à la prison d'Evin à Téhéran. Pour l'heure, aucun chef d'accusation ne leur a été notifié. On ne sait rien de leurs conditions de leur détention. Seule Mahvash Sabet a pu être montrée, de loin, à un membre de sa famille, qui s'inquiétait de sa survie.

« Cette détention sans accusation de l'intégralité du leadership baha'i est révélatrice d'une tendance à la persécution violente et illégale des Baha'is d'Iran », déplore, dans un communiqué, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch. Depuis août 2004, plus de 200 membres de la minorité ont été emprisonnés et détenus sur des périodes plus ou moins longues. L'atteinte à la sécurité de l'État fait partie des accusations les plus couramment avancées. « On assiste, par ailleurs, à un accroissement de l'incitation à la haine contre les Baha'is, professée par voix de presse officielle ou dans les mosquées », relève Diane Ala'i. Ainsi, dans les journaux conservateurs, les Baha'is sont souvent dépeints comme des « ennemis de l'islam » et des « mercenaires des États-Unis ». En dépit de mesures de clémence annoncées, il y a quelques années, par les instances universitaires, les procédures d'accès aux études supérieures restent limitées pour les étudiants baha'is qui se voient souvent dire que leur dossier d'examen est « incomplet ».



lire la suite (...)

L'Iranienne refoulée de France va pouvoir revenir

Sharar Nakhaï pourra vite revenir auprès de son père. Cette Iranienne de 53 ans avait atterri jeudi en France, où son père se trouve dans un état critique. L’ambassade française à Téhéran lui avait délivré un visa en urgence, mais les policiers l’ont refoulée, faute de certificat d’hébergement (Libération d’hier). De retour en Iran, elle a téléphoné hier à l’ambassade de France, qui lui a dit que le visa n’était plus valable. Il fallait écrire aux Affaires étrangères. Quelques heures plus tard, l’ambassade rappelle et lui explique que son histoire a été médiatisée en France, il faut qu’elle vienne rapidement. Un visa va lui être délivré.

lire la suite (...)

Parabolique. Un film défi et inattendu de Saman Salour.

Quinzaine des réalisateurs Lonely Tunes of Tehran de Saman Salour, avec Behrouz Jalili, Hamid Habibifar… 1h15.

Comme tout ce qui rode aujourd’hui autour du réel, Lonely Tunes of Tehran fait d’emblée envie : à la lecture du synopsis, on pouvait deviner à travers l’activité à haut risque des deux personnages principaux - vendre et installer chez des particuliers iraniens des antennes paraboliques (briseuses de dogmes, évidement interdites) - le prétexte semi-politique d’une virée en ville, un survol de Téhéran vu depuis les toits, assorti d’un descriptif d’activitées souterraines.

Découvrir que l’un des deux héros est un nain mythomane à la voix aiguë et que son adjoint est un grand escogriffe avec de l’eau salée à la place du cerveau désoriente un peu. Mais c’est presque le charme (pas superdiscret) du film : offrir tout à la fois le documentaire, les variétés, le numéro de cirque et même le feuilleton tire-larmes.

On se félicite généralement qu’un cinéaste prenne des risques. Saman Salour, trentenaire ayant déjà deux longs métrages à son actif, est assez fou - et on l’en félicite - pour entreprendre un film clandestin tourné à 80 % en extérieur (avec acteurs lâchés dans la nature et caméra planquée au loin). Rajouter à cela un second défi, esthétique cette fois, en mariant la carpe comédie avec le lapin néoréaliste (on pense surtout à De Sica), c’était peut-être le risque de trop.

PHILIPPE AZOURY


lire la suite (...)

vendredi 16 mai 2008

La bataille pour le gaz iranien ne fait que commencer




Le 11 février 2008, à l'ambassade d'Iran à Paris, Christophe de Margerie était des nombreux convives qui se pressaient à la réception marquant le 29e anniversaire de la révolution islamique. Le directeur général de Total est loin d'être un inconditionnel de la république des mollahs, mais la compagnie pétrolière française a toujours cherché à entretenir de bonnes relations avec Téhéran. Malgré la difficulté d'investir dans un pays sanctionné par les Nations unies pour son programme nucléaire, rien ne serait pire que d'injurier l'avenir : l'Iran, qui possède les deuxièmes réserves mondiales de gaz, sera tôt ou tard une nouvelle source d'approvisionnement de l'Europe.

Pour l'heure, la situation des majors américaines, européennes et asiatiques est intenable. Elles lorgnent toutes sur les champs pétrolifères et le gisement géant de South Pars dans le golfe Persique, le plus grand réservoir gazier de la planète. Mais tout se conjugue pour retarder leur mise en production : les tensions géopolitiques, l'emballement des coûts des projets pétro-gaziers, le caractère peu lucratif des contrats buy-back proposés par les Iraniens en paiement des investissements des majors.

Depuis le Qatar, qui partage l'immense champ gazier avec l'Iran, M. de Margerie a réitéré, lundi 12 mai, son intérêt "sur le long terme" pour des partenariats en Iran, tout en ajoutant qu'il ne faut pas s'attendre à une décision rapide. Total hésite à investir plusieurs milliards de dollars dans Pars LNG, un projet d'extraction et de liquéfaction de gaz. Plusieurs compagnies pétrolières tergiversent aussi. L'anglo-néerlandais Shell et l'espagnol Repsol veulent renégocier le contrat d'exploitation d'un bloc de South Pars, signé en 2002, qui devait déboucher sur une production en 2007, et se donner du temps.

Ces hésitations ne sont pas du goût des Iraniens. "L'Occident affirme que l'Iran est en train d'expulser Total et Shell, mais aucun ultimatum ne leur a été adressé", a récemment déclaré le ministre du pétrole. En mars, Gholam Hossein Nozari leur avait pourtant signifié qu'ils avaient jusqu'au mois de juin pour se décider. Et Téhéran ne cesse de rappeler que, en cas de délais excessifs, le russe Gazprom et des groupes indiens ou chinois prendront leur place.

Non sans dépit, les Iraniens constatent en effet que sur la côte opposée du golfe Persique, le Qatar est devenu en quelques années le premier exportateur mondial de GNL grâce à des partenariats avec les majors étrangères. Puits d'extraction et usines de liquéfaction du gaz sont si nombreux que Doha a décidé un moratoire sur les nouveaux investissements gaziers jusqu'en 2010 !

CONCURRENCE RUSSO-IRANIENNE

Téhéran en est encore à se demander ce que le pays doit faire de son gaz. "Il existe un débat interne sur la définition des priorités gazières : privilégier l'utilisation du gaz pour la consommation interne (L'Iran a dû en importer cet hiver), les injections dans les champs de pétrole (pour améliorer le pompage) ou les exportations", souligne Clément Therme, spécialiste de l'Iran à l'Institut français des relations internationales (IFRI).

Faute de capacités financières suffisantes, l'Iran ne peut suivre toutes ces pistes. Dans tous les cas, ajoute M. Therme, "d'importants investissements étrangers seront indispensables pour réaliser l'objectif fixé par les autorités : devenir le troisième producteur mondial d'ici dix ans". Une ambition systématiquement contrariée par Washington. La loi d'Amato, votée par le Congrès en 1996, sanctionne tout investissement important dans la République islamique. Et les Etats-Unis, qui n'ont cessé de renforcer leur arsenal, font pression sur les banques et les industriels de l'énergie pour tuer dans l'oeuf toute velléité de conclure des affaires avec la République islamique.

En attendant des jours meilleurs, l'Iran cherche à prouver qu'il est resté un grand pays pétrolier capable d'exploiter seul ses richesses. Son président, Mahmoud Ahmadinejad, est de ceux qui veulent pousser les sociétés nationales à démontrer leur capacité à se passer des technologies et des financements occidentaux. Après le quasi-retrait du japonais Inpex fin 2006 - sous la pression des Etats-Unis, indiquaient alors certaines sources -, il a fait de la mise en production en février de l'énorme champ d'Azadegan (sud-ouest) un enjeu autant politique qu'économique.

Plus complexe, la production de GNL nécessite le recours au savoir-faire des majors étrangères. Gazprom peut-il se substituer aux Occidentaux et renforcer ainsi son emprise sur les livraisons vers l'Europe ? Le géant russe ne dispose pas de compétences dans ce domaine et n'a donc fait aucun investissement massif dans South Pars. Quant au rapprochement énergétique scellé en 2007 par M. Ahmadinejad et Vladimir Poutine, il ne fait pas l'unanimité à Téhéran, où certains courants dénoncent la vieille tentation "impérialiste" russe, rappelle M. Therme.

Sous couvert du rapprochement Téhéran-Moscou dans l'énergie (électricité, nucléaire, pétrole), les deux pays sont en fait concurrents. La situation géographique de l'Iran en fait un fournisseur-clé de l'Europe et de l'Asie. Or Gazprom ne souhaite pas que le gaz iranien coule vers le Vieux Continent, notamment dans le pipeline Nabucco, ce qui en ferait un rival redoutable. Et sans l'or bleu iranien, ce projet de gazoduc soutenu par l'Union européenne et les Etats-Unis n'est pas viable puisque l'Europe a si mal manoeuvré en Asie centrale qu'elle a laissé la Russie préempter une partie du gaz des pays à l'est de la Caspienne.

Avec le pétrolier italien Eni, Gazprom défend son propre "tuyau", le South-stream, qui acheminera le gaz de Sibérie et d'Asie centrale au coeur de l'Europe, ce qui accroîtra sa dépendance. Et Moscou soutient le "gazoduc de la paix" reliant l'Iran à l'Inde (et peut-être à la Chine) à travers le Pakistan. Un projet vigoureusement combattu par Washington, qui voit là un moyen pour la République islamique de sortir de son isolement économique et diplomatique.

Jean-Michel Bezat




lire la suite (...)