Le site Internet personnel d'Esfandiar Rahim Mashaie, nommé vendredi premier vice-président iranien, a démenti lundi 20 juillet sa démission, comme l'avait annoncé la veille la télévision iranienne en langue anglaise Press-TV.
"Dans une action coordonnée, certains sites Internet ont publié une information concernant la démission de M. Rahim Mashaie, le premier vice-président, dans le but de porter atteinte au gouvernement", peut-on lire sur le site (en persan). "Cette information est une rumeur et un mensonge et ces rumeurs sont propagés par les ennemis (...) du gouvernement", ajoute le site.
DEMANDE D'UN RÉFÉRENDUM
De son côté, l'Association des religieux combattants, créée notamment par l'ancien président Mohammad Khatami et qui regroupe des religieux réformateurs, a demandé lundi 20 juillet la tenue d'un référendum, estimant que "des millions d'Iraniens ont perdu confiance dans le processus électoral".
Selon la Constitution iranienne, seul le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, peut ordonner l'organisation d'un référendum. L'Association soutient également les propositions de l'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani, qui a demandé vendredi la libération des prisonniers et l'autorisation des journaux interdits, pour calmer le climat politique et ramener la confiance partiellement perdue des Iraniens.
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lundi 20 juillet 2009
Le vice-président iranien Rahim Mashaie dément avoir démissionné
dimanche 19 juillet 2009
Rafsanjani cherche "la voie d'un compromis" en Iran
Aux yeux de Bernard Hourcade, géographe spécialiste de l'Iran et directeur de recherche au CNRS, le régime pourrait négocier avec l'ancien président iranien pour sauver la République islamique.
Comment analysez-vous la prise de position, aujourd'hui, lors de la prière du vendredi à Téhéran de l'ancien Président iranien Akbar Hachémi Rafsandjani appelant à relâcher les manifestants et à "regagner la confiance perdue"?
Le président Rafsandjani continue de soutenir le mouvement contestataire conduit par Mir Hossein Moussavi, il le montre en exigeant la libération des personnes emprisonnées. Mais il cherche aussi à apaiser la crise que traverse l'Iran. Il n'a d'ailleurs pas utilisé le terme de révolution. Il cherche la voie d'un compromis, d'une réconciliation dont il serait le réconciliateur.
Comment peut réagir le "guide suprême", Ali Khamenei qui, lui, soutient ouvertement le président réélu Mahmoud Ahmadinedjad?
Il est probable que l'intervention de Rafsandjani à la prière du vendredi d'aujourd'hui ait été négociée avec le guide. Rafsandjani est aujourd'hui à la tête du Conseil de discernement, une assemblée de 80 haut-dignitaires, toutes tendances confondues, qui a pour fonction, entre autres, de dégager des consensus. Il est donc probable qu'en dépit des divergences très fortes qui les opposent, Rafsandjani et Khamenei essaient de trouver un terrain d'entente afin d'éviter l'effondrement de la République islamique.
Pensez-vous que la fracture qui sépare, en Iran, les partisans de Mahmoud Ahmadinedjad et ses opposants peut durer longtemps?
Ce qui vient de se produire est une rupture profonde dans l'histoire de la République Islamique. En effet, des forces très hétérogènes se sont unies autour de Moussavi. Elles forment une sorte d'Union Nationale ou d'Union dans l'opposition et sont réunies par très peu de points communs. Cependant elles cherchent à se rassembler autour des grands enjeux auxquels l'Iran doit faire face, c'est à dire essentiellement l'ouverture aux Etats-Unis rendue possible par la main tendue d'Obama, qui doit recevoir une réponse rapide.
Il y a donc aujourd'hui une rupture très profonde en Iran et elle sera persistante car elle est à la fois marquée dans les institutions et parmi la population.
La structuration de l'Iran en bipartisme droite-gauche, gauche-droite, à 45%-55% d'un côté ou de l'autre est certainement durable. C'est ainsi que le pays va évoluer dans les prochaines années.
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Tollé conservateur en Iran après la nomination du nouveau vice-président

Plusieurs responsables conservateurs iraniens ont critiqué, dimanche 19 juillet, le président, Mahmoud Ahmadinejad, pour avoir nommé un de ses proches, Esfandiar Rahim Machaii, premier vice-président. "Il est nécessaire d'annuler la nomination de M. Rahim Machaii par respect pour le peuple conservateur" fidèle aux principes de la révolution islamique, a écrit Hossein Shariatmadari, directeur du quotidien Kayhan. Le directeur du journal conservateur est nommé par le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et soutient le président Ahmadinejad.
"De nombreuses personnes proches du président comme le peuple qui le soutient sont hostiles à la nomination de M. Rahim Machaii et s'en inquiètent", a ajouté M. Shariatmadari. La nomination d'Esfandiar Rahim Machaii, qui était vice-président chargé du tourisme et remplace Parviz Davoudi, a été annoncée vendredi.
M. MACHAII AVAIT DÉCLARÉ QUE L'IRAN ÉTAIT "L'AMI DU PEUPLE ISRAÉLIEN"
Le nouveau premier vice-président est considéré comme très proche de Mahmoud Ahmadinejad et sa fille a épousé le fils du président iranien. En juillet 2008, il avait affirmé que l'Iran était "l'ami du peuple israélien", dans une déclaration inhabituelle contrastant avec les attaques verbales de Téhéran contre Israël. A l'époque, ces déclarations avaient provoqué un tollé, notamment chez les dignitaires religieux et les parlementaires conservateurs, qui avaient exigé son départ.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait dû intervenir pour mettre un terme à la polémique. Il avait désavoué les propos de M. Rahim Machaii, tout en demandant la fin de la polémique. Un religieux conservateur, Ahmad Khatami, un des imams de prière du vendredi de Téhéran, a également critiqué la nomination de M. Rahim Machaii. "Cette nomination (...) est un défi aux membres de l'Assemblée des experts et du Parlement" qui avait dénoncé les propos de de M. Rahim Machaii à l'époque, a déclaré M. Khatami.
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samedi 18 juillet 2009
Un homme «sûr» à la tête du nucléaire iranien
Ali Akbar Salehi est un ancien ambassadeur iranien auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Crédits photo : AFPAli Akbar Salehi a été nommé à la tête du nucléaire iranien en remplacement de Gholamreza Aghazadeh, un proche de l'opposant Mir Hossein Moussavi.
Le président réélu Mahmoud Ahmadinejad avait promis des remaniements au sein du pouvoir iranien. Ali Akbar Salehi a été nommé jeudi à la tête de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), en remplacement de Gholamreza Aghazadeh. Celui-ci, qui était en poste depuis douze ans, est réputé proche de Mir Hossein Moussavi, candidat malheureux à l'élection présidentielle du 7 juin dernier, et d'Ali Akbar Hachemi Rafsandjani, adversaire déclaré d'Ahmadinejad.
Salehi a exercé les fonctions d'ambassadeur iranien auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sous la présidence du réformiste Mohammad Khatami (1998-2005). Ce scientifique a soutenu en 1977 une thèse de doctorat sur le nucléaire au sein du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), aux États-Unis, avant d'enseigner à l'université de technologie Sharif (Téhéran), dont il sera nommé président. En 1999, il est chargé par Mohammad Khatami de représenter l'Iran auprès de l'AIEA, à Vienne, où il s'attire le respect de ses pairs pour ses connaissances techniques et sa grande probité dans l'exercice de ses fonctions. Mais l'orage éclate en août 2002, lorsque l'opposition iranienne en exil dénonce l'existence d'un programme nucléaire clandestin, lancé dix-huit ans plus tôt, en 1984.
Un diplomate pugnace
Sommé de justifier l'existence de ce programme, que Téhéran aurait dû déclarer à l'AIEA au regard de ses obligations vis-à-vis du traité de non-prolifération (TNP), le technicien se mue alors en diplomate rugueux, pugnace, dénonçant l'existence au Moyen-Orient d'une puissance nucléaire qui ne dit pas son nom, Israël, alors même que les pays occidentaux exigent de Téhéran qu'il cesse d'enrichir de l'uranium.
Tandis que Paris, Londres et Berlin se démènent pour trouver une solution à la crise iranienne, à l'automne 2003, il s'insurge contre «un monde où, si l'on commence à se plier aux exigences outrancières de l'Occident, les demandes de ce dernier n'auront plus de limite». Trois mois plus tard, le 18 décembre 2003, c'est pourtant lui qui paraphe le protocole additionnel du TNP autorisant l'AIEA à mener des inspections «renforcées et inopinées», afin de déterminer si le programme nucléaire iranien répond à des fins civiles ou à d'autres desseins moins avouables. Le protocole additionnel, jamais ratifié par le Majlis (parlement iranien), sera finalement dénoncé en 2006 par le président Mahmoud Ahmadinejad.
Placé à la tête de l'OIEA, Salehi va superviser le programme nucléaire iranien, qui s'apprête à entrer dans une phase opérationnelle : à Bouchehr (Sud), le premier réacteur nucléaire du pays, construit et alimenté en combustible par la Russie, doit entrer en service à la fin de l'année, tandis qu'à Natanz (Centre), 5 000 centrifugeuses ont déjà permis d'accumuler plus de 1,3 tonne d'uranium faiblement enrichi (UFE). De quoi alimenter en combustible des centrales nucléaires… qui n'existent pas encore, ou bien produire suffisamment d'uranium hautement enrichi (UHE) pour concevoir la première bombe atomique iranienne.
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Verrou iranien
Edito du Monde
La crise ouverte en Iran le 12 juin par la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad n'est pas terminée. C'est, au demeurant, ce terme de "crise", délibérément dramatique, qu'a utilisé Akbar Hachémi Rafsandjani lors de la prière à l'université de Téhéran, vendredi 17 juillet, pour qualifier la "période difficile" traversée par le régime.
Cette prise de position illustre l'ampleur des divisions au sein de la direction du pays et témoigne de la détermination de ceux qui se veulent les porte-parole de la première opposition à prendre forme depuis des décennies. Cette opposition naissante ne semble être découragée ni par la violence de la riposte policière ni par les admonestations du "Guide", Ali Khamenei, dépositaire d'un dogme, le "pouvoir du docte", aujourd'hui ébranlé.
Cette crise de "confiance", selon les mots de l'ancien président de la République islamique, est sans précédent depuis la révolution de 1979. Elle a provoqué un raidissement de Mahmoud Ahmadinejad et a nourri les critiques tous azimuts de ses partisans à l'encontre des pays qui critiquent les modalités du scrutin présidentiel iranien et s'alarment du sort réservé aux contestataires.
Visé par ce raidissement, l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué le 16 juillet au ministère iranien des affaires étrangères. Il y a entendu des critiques sur la brutalité de la police en France, à l'encontre de ceux qui "n'(y) sont pas heureux de leurs conditions de vie". Cette diatribe avait toutes les allures de représailles après la convocation du représentant iranien à Paris, en juin. Celui-ci avait été informé que la France s'inquiétait de la répression des manifestations de Téhéran.
Il ne s'agit pas, hélas, de la seule arme utilisée par le président et ses proches. Depuis le 1er juillet, une jeune Française, Clotilde Reiss, lectrice en français à l'université d'Ispahan, est incarcérée à la prison d'Evine. Des accusations d'espionnage, jugées "invraisemblables" par le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, pèsent sur elle.
Même si l'ambassadeur de France a déjà été autorisé à lui rendre visite, le sort réservé à cette jeune femme est inadmissible. Les éléments du dossier sont dérisoires. Son incarcération ressemble plutôt à une vengeance, doublée d'une prise d'otage.
On comprend qu'une certaine discrétion des autorités françaises, comme souvent dans ce genre d'affaires, soit la meilleure alliée de la jeune universitaire. Cela n'interdit pas de penser que le pouvoir iranien aggrave chaque jour son cas en la gardant sous les verrous.
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L'heure de Rafsandjani
L'éditorial de Pierre Rousselin du 18 juillet - «L'entrée en scène de Rafsandjani, derrière la candidature de Mir Hussein Moussavi, projette sur la scène publique le clivage qui s'est creusé au sein de la hiérarchie du régime».
L'opposition iranienne n'a pas renoncé à son combat contre le durcissement du régime des mollahs. L'intervention, vendredi, de l'ancien président Ali Akbar Hachemi Rafsandjani, lors de la prière du vendredi à Téhéran, marque un tournant dans la longue et difficile transition, sans doute irréversible, qui s'est amorcée en Iran avec le trucage de la présidentielle du 12 juin.
L'entrée en scène de Rafsandjani, que l'on savait derrière la candidature de Mir Hussein Moussavi, projette sur la scène publique le clivage qui s'est creusé au sein de la hiérarchie du régime.
En appelant à la libération des victimes de la répression, en jugeant légitimes les doutes exprimés sur le résultat de la présidentielle, en préconisant un large débat public à la télévision, Rafsandjani s'est placé en situation de recours, face à un guide suprême de la révolution qui a perdu sa légitimité le jour où il a pris fait et cause pour Mahmoud Ahmadinejad.
Le défi lancé aux deux protagonistes du coup de force du 12 juin n'est pas le fait de n'importe qui. Rafsandjani est un homme riche et puissant. Il est l'un des fondateurs de l'Iran khomeyniste, premier président du Majlis (Parlement) devenu ensuite président de la République islamique. C'est même lui qui a choisi l'ayatollah Ali Khamenei pour succéder à Khomeyni en tant que guide suprême de la révolution. L'idée était, à l'époque, de désigner un homme plutôt effacé et inoffensif, dépourvu d'une autorité religieuse incontestée, pour assurer une transition, avant de se mettre d'accord sur le nom du véritable successeur de Khomeyni. La suite en a été autrement. L'affrontement entre Khamenei et Rafsandjani, personnellement accusé de corruption pendant la campagne pour la présidentielle, s'est petit à petit développé et vient d'atteindre son paroxysme.
D'un côté, le repli nationaliste et autoritaire incarné par le président Mahmoud Ahmadinejad et ses diatribes antioccidentales. De l'autre, un conservatisme réformateur avec un véritable projet politique : introduire en Iran une évolution «à la chinoise», où l'ouverture économique permettrait de légitimer le régime.
En un mois, Khamenei et Ahmadinejad ont pu regagner le contrôle de la rue par une répression brutale et efficace. Mais ils sont incapables de rallier les opposants et de surmonter les divisions internes qui partagent en deux camps la hiérarchie politique et les plus hautes autorités religieuses du pays. Ce sont ces divisions internes qui font courir le plus grand risque au régime.
Toute contagion de la contestation au corps des gardiens de la révolution, État dans l'État et garde prétorienne de la République islamique, serait le signe d'une fragilité fatale.
À 75 ans, Rafsandjani joue le tout pour le tout. Il ne se serait pas lancé à découvert s'il n'avait pas de sérieux appuis. Le combat qu'il vient d'engager n'est pas de ceux que l'on peut abandonner à mi-parcours.
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La révolte malgré tout
On la disait essoufflée, désorganisée, terrorisée par les arrestations massives et les frappes sans aucune retenue des bassidji (miliciens), mais l’opposition est toujours là. Un mois après la répression sanglante de la manifestation du 20 juillet, elle a retrouvé vendredi le chemin de la rue, mobilisant plusieurs dizaines de milliers de personnes dans l’enceinte et autour de l’université de Téhéran. Cette fois, le régime n’a pu interdire ce rassemblement, puisqu’il s’agissait d’une cérémonie politico-religieuse qui incarne les valeurs de la République islamique. Les participants étaient essentiellement venus pour deux raisons : écouter le prêche de la prière du vendredi prononcé par l’ex-président Ali Akbar Hachemi Rafsandjani. Et plus encore soutenir Mir Hossein Moussavi, le candidat réformateur dont c’était la première apparition publique depuis la fraude et, donc, affirmer leur refus de reconnaître la validité de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Slogans hostiles à ce dernier : «Démission, démission» ou «mort au dictateur». D’autres visaient Moscou, qui a reconnu Ahmadinejad : «Mort à la Russie.» Bannières vertes - la couleur de Moussavi - en grand nombre. Rafsandjani a même dû calmer l’ardeur des participants.
Comme à l’accoutumée, les milices islamiques et la police antiémeute ont attaqué les manifestants et procédé à des arrestations. Les forces de l’ordre ont aussi fait usage de balles de peinture pour les marquer. L’avocate Shadi Sadr, spécialisée dans la défense des droits de l’homme, a été arrêtée. L’un des religieux réformateurs, Mehdi Karoubi, qui fut lui-même candidat, a été molesté et insulté par des policiers en civil.
Ennemi juré. En fait, l’événement était bien double, le discours de Rafsandjani étant lui-même très attendu. Ce religieux est à la fois un ennemi juré d’Ahmadinejad et un pilier du régime. Il préside deux institutions clés : l’Assemblée des experts, chargée de superviser les activités du guide suprême, et le Conseil de discernement, qui a vocation à résoudre les conflits en son sein. Il est donc considéré comme intouchable. Moins ambigu, moins alambiqué que dans ses précédents prêches, il s’est gardé cependant de toute attaque frontale contre Ahmadinejad. A propos du scrutin présidentiel, il a déclaré que s’il y avait eu fraude, c’est que «le gouvernement n’était pas islamique». A propos des prisonniers, il a été encore plus critique, appelant le pouvoir à libérer les Iraniens arrêtés par centaines depuis le scrutin du 12 juin. Il a aussi dénoncé avec des termes très vifs le comportement des forces de l’ordre : «L’imam Khomeiny ne voulait pas l’emploi de la terreur ou des armes, même dans le combat [pour la révolution]». Il a enfin reconnu que le régime traversait une «crise» et que le régime avait, «dans une certaine mesure, perdu la confiance du peuple» et que celle-ci ne serait pas rétablie «en une nuit ou deux». «Nous avons tous perdu. […] Ceux qui ont été touchés dans les incidents ont besoin de compassion. Nous devrions consoler les [personnes] endeuillées et rapprocher leurs cœurs du régime», a-t-il encore insisté.
En se gardant d’être aussi ferme que Moussavi, qu’il soutenait lors de l’élection présidentielle, mais en se rangeant néanmoins dans le camp hostile à Ahmadinejad et en proposant la réconciliation, Rafsandjani s’est présenté comme un possible recours, voire comme un sauveur. En s’interrogeant sur la validité du vote et en refusant d’incriminer des «puissances étrangères» dans les événements sanglants des semaines passées, il a aussi défié Ali Khamenei et contribué encore un peu plus à son isolement.
Occasion. Dans les jours précédents la prière du vendredi, les partisans de Moussavi avaient d’ailleurs débattu de l’opportunité d’aller ou pas à cette cérémonie. «Les plus radicaux refusaient de s’y rendre pour ne pas cautionner le régime, d’autres étaient partisans d’y aller pour renforcer Rafsandjani contre Khamenei et les derniers estimaient qu’il s’agissait de la meilleure occasion possible pour manifester», souligne le chercheur Reza Moïni.
Pour l’opposition, le but est atteint. Elle a réussi sa première grande manifestation depuis celle du 9 juillet - qui marquait le 10e anniversaire de la répression des émeutes étudiantes de 1999. Mais pour les étudiants, fer de lance du mouvement, l’été sera très long, le régime ayant fait fermer toutes les universités de peur qu’elles soient des foyers de subversion.
JEAN-PIERRE PERRIN
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