samedi 25 juillet 2009

À l'extérieur de l'Iran, l'opposition se mobilise

Le réalisateur iranien Mohsen Makhmalbaf participe à une manifestation, le 23 juin à Rome, après la réélection d'Ahmadinejad.

À travers le monde, des milliers de personnes vont célébrer samedi la journée internationale de soutien au peuple iranien. Traditionnellement divisée, l'opposition en exil se retrouve, pour la première fois, unie sous la bannière de la «vague verte».

Les yeux collés au téléviseur de cette maison de production parisienne, Mohsen Makhmalbaf scrute avec nostalgie les images de la campagne électorale iranienne. L'espoir y vibre, en grandeur nature : rassemblés sur une avenue de Téhéran, des milliers d'Iraniens, un ruban vert autour du poignet, crient à la caméra leurs désirs de changement. Le documentaire a été tourné par sa propre fille, Hanah, qui a dû quitter précipitamment le pays, après la réélection contestée d'Ahmadinejad, le 12 juin dernier. Depuis, la petite famille du cinéaste iranien, internationalement connu pour ses films défiant la censure, est réunie au complet, en France, leur nouvelle terre d'accueil. Du front culturel au front politique, la mobilisation est à son maximum. «Cette vidéo, c'est une preuve du “coup d'État”. Elle montre que de nombreuses personnes qui avaient boycotté les élections de 2005, se sont mobilisées pour Mir Hossein Moussavi - principal rival d'Ahmadinejad. À l'étranger, les Iraniens ont voté en masse. Aujourd'hui, ils se posent la question, “Où est mon vote ?”, et demandent au monde entier de ne pas reconnaître Ahmadinejad comme nouveau président», martèle Makhmalbaf, en fronçant les sourcils.

De l'hémicycle du Parlement européen - où il a déjà été reçu à deux reprises - aux studios des très regardés programmes persans de Voice of America, en passant par la manifestation géante de samedi, à Paris, ce porte-parole à l'étranger de la «vague verte» ne s'accorde aucun répit. Une mobilisation inédite suivie par des dizaines de milliers de ses compatriotes à travers la planète fait pour la première fois, le pont entre les Iraniens de l'intérieur et de l'extérieur.

Conseils de «désobéissance civile»

En apparence, la contestation souffre pourtant d'un manque de leadership. En Iran, les passions se cristallisent autour de Mir Hossein Moussavi, nouveau chef de l'opposition. Mais ses moyens sont limités. La plupart des ténors du camp réformateur sont toujours en prison. De nombreux activistes sont sous surveillance rapprochée. Les familles des jeunes manifestants tués vivent sous la menace d'être arrêtées si elles osent parler à la presse. À l'étranger, l'opposition traditionnelle à la République islamique n'a jamais été très unie. De Washington, où vit le fils de l'ancien chah d'Iran à Auvers-sur-Oise, la base des moudjahidins du peuple, les divergences sont criantes. Et leurs messages, souvent jugés trop poussiéreux. «Ces gens-là n'ont pas remis les pieds en Iran depuis trente ans. Ils ne savent rien de nos vraies aspirations», souligne, sans concession, Taraneh, une activiste iranienne, contactée à Téhéran. Mais, pour la première fois en trente ans, les événements de ces dernières semaines ont ­soudé l'opposition en exil.

«Nous sommes tous les maillons d'une grande chaîne humaine verte», s'enthousiasme Makhmalbaf, pour qui l'absence de véritable «tête» constitue, en fait, la force de la nouvelle opposition. «Aujourd'hui, chaque citoyen iranien est à la fois un manifestant et un ambassadeur de la cause iranienne», dit-il. Un simple détour sur YouTube permet de saisir l'étonnante portée de ce mouvement. Entre vidéos saisies sur le vif lors des manifestations téhéranaises et enregistrements clandestins de meetings entre bassidjis, un ambassadeur bien atypique y donne rendez-vous aux Iraniens. Il s'appelle Mohsen Sazegara. Cet ex-gardien de la révolution, entré en dissidence, et exilé depuis 2003 aux États-Unis, s'adresse quotidiennement à ses compatriotes, en leur donnant, durant dix minutes, des conseils en «désobéissance civile» : porter des masques lors des manifestations pour éviter d'être identifiés, ne pas lancer des pierres, offrir des fleurs aux policiers … Sur le mur de son studio d'enregistrement, on peut distinguer le «V» de la victoire. «Notre mouvement est avant-tout pacifique», insiste-t-il.

Dernière technique en vogue : l'identification, par des opposants en exil, de certains miliciens bassidjis, principaux acteurs de la répression, par diffusion de leurs photos, adresses et numéros de téléphone. C'est Amir Farshad Ebrahimi, un opposant réfugié en Allemagne, qui vient de lancer la mode, en postant, sur son blog, une multitude de détails embarrassant pour ces soldats de l'ombre. «Un jour, l'un d'entre deux m'a appelé à Berlin en m'accusant de manquer d'éthique. Je lui ai répondu : “Tuer des innocents, n'est-ce pas manquer d'éthique ?”. Aujourd'hui, notre force, c'est de refuser de nous taire», confie-t-il.



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Le premier vice-président iranien abandonne ses fonctions


Le premier vice-président iranien Esfandiar Rahim Mashaie, dont la nomination par le président Ahmadinejad a provoqué un tollé chez les conservateurs, a abandonné samedi ses fonctions, selon l'agence de presse iranienne Fars. "Obéissant aux ordres du guide suprême, je ne me considère pas comme le premier vice-président mais (...) servirai notre cher peuple comme je le pourrai", a indiqué Rahim Mashaie cité par l'agence Fars.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait ordonné au président Ahmadinejad de renvoyer Esfandiar Rahim Mashaie."La nomination de M. Esfandiar Rahim Mashaie au poste d'adjoint du président est contraire à votre intérêt et à celui du gouvernement et elle provoquera la division et la frustration de vos partisans", a estimé M. Khamenei dans une lettre à M. Ahmadinejad, citée vendredi 24 juillet par la télévision publique. "Il faut annuler cette nomination", a ajouté le guide suprême dans ce courrier.

La nomination de M. Rahim Mashaie, annoncée le 17 juillet, a provoqué une levée de bouclier chez les conservateurs, dont la plupart avaient accordé un soutien sans faille à M. Ahmadinejad lors des semaines houleuses qui ont suivi la présidentielle. Les conservateurs reprochent à M. Rahim Mashaie d'avoir affirmé, en 2008, que l'Iran était "l'ami du peuple américain et du peuple israélien", contrastant en cela avec les attaques verbales de Téhéran contre Israël.

Les appels à son limogeage se sont faits plus pressants ces derniers jours, au point qu'un important dignitaire religieux a affirmé que le guide suprême lui-même souhaitait le remplacement du nouveau premier vice-président.

Malgré ces critiques, M. Ahmadinejad a apporté un soutien sans faille à son premier vice-président. "Il est comme une source d'eau pure (...) Certains me demandent pourquoi j'ai tant d'affection pour lui, je leur réponds : pour mille raisons", a-t-il ainsi déclaré mercredi. Jusque-là vice-président chargé du tourisme, M. Rahim Mashaie est un proche du président : sa fille est mariée au fils de M. Ahmadinejad.




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jeudi 23 juillet 2009

Iran : appel pour la libération de Clotilde Reiss

Pierre Briant, Yann Richard, Bernard Hourcade, Azadeh Kian, Farhad Khosrokhavar, Christian Bromberger, etc.

Le partage des connaissances, au-delà des frontières nationales, constitue un processus fondamental dans l’élaboration du savoir. La mobilité des étudiants et des chercheurs est garante de cette logique intellectuelle basée sur la découverte de l’autre. La coopération scientifique à un niveau international doit dès lors transcender les clivages et les crises politiques afin de répondre à cette nécessité d’échange culturel et scientifique. Nous nous réjouissons qu’actuellement près de 2 000 étudiants iraniens aient choisi la France pour poursuivre leurs études et leurs recherches dans tous les domaines, y compris en sciences sociales. Trop rares sont au contraire les étudiants et universitaires français ou non iraniens qui s’intéressent à l’Iran du passé et du présent ; le risque est de voir le pays pâtir d’une méconnaissance qui est source d’incompréhensions néfastes et de propos simplificateurs


Nous tenons dès lors à souligner combien il est important que des étudiants et chercheurs puissent mener des études de terrain en Iran. Leur présence constitue la garantie de connaissances et de relations interculturelles solides, bénéfiques, aussi bien pour le pays d’accueil que pour le pays d’origine des chercheurs. Les universitaires font un travail somme toute ordinaire, mais cependant essentiel, en cherchant à connaître les cultures et les sociétés du monde. Nous, étudiants, doctorants, chercheurs et professeurs familiers de l’Iran, tenons à exprimer notre profonde inquiétude suite à l’arrestation de Clotilde Reiss, notre amie et collègue, détenue depuis le 1er juillet à la prison d’Evin (Téhéran). Clotilde a consacré l’entièreté de son parcours académique à l’étude de la langue persane et de la culture iranienne. Son travail l’a donc naturellement amenée à séjourner en Iran afin d’y effectuer les indispensables recherches de terrain. Après avoir soutenu son mémoire de master portant sur l’enseignement primaire de l’histoire-géographie en Iran, elle a accepté - quoi de plus banal ? - le poste de lectrice de français que lui avait proposé l’université d’Ispahan. Emprisonner une étudiante parce qu’elle cherche à comprendre l’Iran et la culture iranienne est absurde et va à l’encontre de l’entente mutuelle, du respect des peuples et de la paix. Pour toutes ces raisons, nous appelons vivement à la libération de Clotilde Reiss.

Parmi les signataires de cet appel, des universitaires concernés par la recherche en Iran :

Lire la liste complète des signataires sur le site : www.soutienaclotilde.wordpress.com



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mardi 21 juillet 2009

Clotilde Reiss ne verra pas l'ambassadeur de France à Téhéran

L'ambassadeur de France à Téhéran ne verra pas la chercheuse française emprisonnée Clotilde Reiss mardi 20 juillet comme cela était prévu. "Il avait été admis qu'aujourd'hui mardi à Téhéran, Clotilde Reiss recevrait la visite de notre ambassadeur, a expliqué le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner. Pour le moment, ce n'est pas fait, il semblerait que la visite soit reportée, peut-être à demain, en tout cas cette semaine."



La jeune Française est détenue en Iran depuis le 1er juillet, pour espionnage, après avoir pris des photos de manifestations avec son téléphone portable. C'est la deuxième fois qu'une rencontre avec l'ambassadeur est reportée. Jeudi, Bernard Kouchner avait indiqué au Sénat qu'une visite de l'ambassadeur était prévue samedi 18 juillet. Celle-ci n'a pu avoir lieu et une nouvelle rencontre avait été programmée ce mardi 20 juillet.

L'ambassadeur a toutefois eu dimanche au téléphone la jeune Française. Les entretiens téléphoniques ne peuvent avoir lieu qu'à l'initiative de Clotilde Reiss. Cette conversation s'est déroulée "dans un bon climat", Clotilde Reiss "a dit que la détention lui pesait mais qu'elle était bien traitée et qu'elle tenait le coup", a précisé Bernard Kouchner en saluant son "courage". "Il y aura une démarche commune de la présidence de l'Union européenne" assurée par la Suède, a-t-il ajouté.



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Le régime iranien en proie aux luttes de pouvoir

L'ayatollah Khameini et l'ex-président Rafsandjani, en 1999. (crédit : ATTA KENARE/AFP)


Le guide de la révolution, l'ayatollah Khamenei, a adressé lundi une mise en garde à l'ex-président Rafsandjani, qui avait parlé de «crise» dans le pays.


Plus qu'un avertissement, c'est le signe d'une guerre déclarée entre deux hommes, entre deux clans. «Nos élites doivent être vigilantes. Toute parole, toute action, toute analyse qui aident (les ennemis) vont à l'encontre des intérêts de la nation», a prévenu, lundi, l'ayatollah Ali Khamenei, dans une allocution rapportée par la télévision d'État. Avant d'ajouter : «Ceci est un jour d'examen. Celui qui échoue ne pourra pas le repasser l'année prochaine.»

Sous forme de rappel à l'ordre, le message vise explicitement l'ex-président Rafsandjani. Ce dernier s'était ouvertement rangé, vendredi, du côté de l'opposition, à l'occasion de la grande prière. Il y avait évoqué la crise de confiance des Iraniens, après le résultat contesté du scrutin du 12 juin dernier, au cours duquel il avait soutenu Moussavi, rival déclaré d'Ahmadinejad. Il y avait également demandé la libération des personnes emprisonnées et la réouverture des journaux suspendus.

Si sa prise de position embarrasse aujourd'hui le guide suprême, c'est parce qu'elle révèle la faille qui ne cesse de se creuser au sommet d'un système dont ils sont, tous deux, les principaux artisans. Acteurs importants de la révolution de 1979, ennemis jurés de l'ex-chah d'Iran, Khamenei et Rafsandjani sont de vrais piliers du régime iranien. Les deux hommes se connaissent depuis bien longtemps. À la mort de l'imam Khomeyni, en 1989, Rafsandjani a d'ailleurs joué un rôle actif dans le choix de Khamenei à la succession du père fondateur de la République islamique. Il a hérité, en retour, de l'appui nécessaire pour briguer le poste de président de la Répu­blique, précédemment occupé par Khamenei. Mais, au fil des années, leurs affinités s'effritent. En 2005, la discorde éclate. Pendant la campagne électorale, le guide suprême affiche ouvertement son soutien au maire de Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad, rival affiché de Rafsandjani. Un soutien, diront certains, motivé par la crainte de voir Rafsandjani, défenseur d'une libéralisation économique à la chinoise, signer l'arrêt de mort de la République islamique en ouvrant les vannes du pays.

À charge de revanche, Rafsandjani qui reste très influent en raison de sa double casquette de chef du Conseil de discernement et de l'Assemblée des experts, deux instances clés du régime aurait, selon ses proches, tenté de passer un «deal» avec le guide, quelques mois avant le dernier scrutin. Le premier se serait engagé à garantir le retrait de l'ex-président réformateur, Khatami, de la course électorale au profit d'un homme en apparence plus effacé, Mir Hossein Moussavi en échange de la neutralité de Khamenei envers Ahmadinejad, candidat à sa réélection. À l'annonce des résultats contestés du scrutin, le pacte est brisé. Rafsandjani se sent trahi. Pendant un mois, il s'isole, évitant toute forme d'intervention publique. Jusqu'à sa sortie remarquée de vendredi dernier.

Entre les deux hommes, deux écoles de pensée s'affrontent aujourd'hui au grand jour : un Iran qui s'isole et se recroqueville sur lui-même, contre un Iran qui cherche à s'ouvrir et à assouplir son discours. Une guerre qui se déroule, en partie, par médias interposés. Ce week-end, le journal conservateur Kayhan s'en prenait directement à Rafsandjani en l'accusant de soutenir «ceux qui violent la loi» en référence aux manifestants. Moussavi, soutenu par Rafsandjani, se réfugie, lui, sur Internet. Dans son dernier communiqué interactif, publié lundi sur le Web, il s'attaque à la télévision d'État dont le directeur est nommé par le guide qu'il accuse de diffuser «de fausses accusations comme des publicités pour machines à laver», allusion à la multiplication des programmes dénonçant ce que certains ultras appellent « une révolution de velours dirigée par l'Occident».

Contagion en province

Lundi, les sites Web étaient également nombreux à relayer l'appel à un référendum sur les élections, lancé par l'Association des religieux combattants (ARC), dirigée par Mohammad Khatami. Quant à la controverse de ce week-end autour de la nomination d'Esfandiar Rahim Mashaie, gendre d'Ahmadinejad, au poste de vice-président, elle a vite été étouffée par un démenti posté sur son site Internet, visant, semble-t-il, à camoufler les tensions internes. La rue, elle, reste le baromètre le plus visible de la crise postélectorale qui menace de paralyser le pays. Alors que de nouvelles vidéos postées sur YouTube, prises par des manifestants à Shiraz, dans le Sud, et à Racht, dans le Nord, montrent que la grogne commence à gagner la province, de nouveaux rassemblements sont prévus, aujourd'hui, dans la capitale iranienne.

Delphine Minoui, à Beyrouth


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lundi 20 juillet 2009

Les pro-Khatami demandent un référendum en Iran

L'ex-président réformateur Mohammad Khatami sur une affiche de campagne du candidat Moussavi, le 30 mai 2009 à Téhéran (© AFP Atta Kenare)


L'association des religieux combattants, dirigée par l'ancien président Mohammad Khatami, estime que des «millions d'Iraniens ont perdu confiance dans le processus électoral».

L'Association des religieux combattants (ARC), dirigée par l'ancien président Mohammad Khatami et qui regroupe des religieux réformateurs, a demandé lundi l'organisation d'un référendum estimant que des «millions d'Iraniens ont perdu confiance dans le processus électoral».
Selon la constitution iranienne, seul le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, peut ordonner l'organisation d'un référendum. L'Association soutient également les propositions de l'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani, qui a demandé vendredi la libération des prisonniers et l'autorisation des journaux interdits, pour ramener le calme et restaurer la confiance partiellement perdue des Iraniens.
Appel à la libération des personnes arrêtées

Par ailleurs, lors d'une réunion de la direction de l'Association avec des familles des personnes arrêtées ces dernières semaines, l'ex-président Khatami (1997-2005) a une nouvelle fois demandé «la libération des personnes arrêtées».

Plusieurs membres de son gouvernement, mais aussi de nombreux responsables réformateurs et des journalistes, ont été arrêtés lors des troubles qui ont suivi la présidentielle du 12 juin et sont toujours détenus. Les candidats de l'opposition, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, ont dénoncé les résultats officiels donnant le président sortant vainqueur et réclamé en vain de nouvelles élections.

(Source AFP)



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Khamenei accuse à nouveau l'étranger


Le Guide suprême du régime iranien, l'ayatollah Khamenei, s'en prend à nouveau à l'étranger pour expliquer les troubles en Iran depuis la présidentielle du 12 juin. Alors que la prière de vendredi 17 juillet a été suivie par de nouvelles manifestations à Téhéran, il a dénoncé lundi 20 juillet une intervention "très claire", des étrangers et de leurs médias.


"Alors que l'intervention des étrangers et en particulier leurs médias est très claire, leur prétention selon laquelle ils n'interviennent pas dans les affaires intérieures iraniennes est le signe de leur déshonneur", a déclaré le numéro un iranien devant les responsables du pays. La principale cible des autorités iraniennes est la Grande-Bretagne et la chaîne de télévision BBC en persan, qu'elles accusent d'avoir soutenu et provoqué les manifestations et les troubles. "Les ennemis du peuple iranien, via leurs médias, donnent des instructions aux fauteurs de trouble pour qu'ils commettent des désordres, des destructions et des affrontements, et dans le même temps, ils affirment qu'ils n'interviennent pas dans les affaires intérieures iraniennes", a estimé Ali Khamenei.

Ce discours du Guide suprême visait aussi l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani qui avait dirigé la prière vendredi 17 juillet. Il avait estimé que le pouvoir avait perdu une partie de la confiance du peuple après la présidentielle controversée. Il avait aussi demandé la libération des personnes emprisonnées lors des troubles et la réouverture des médias suspendus afin de rétablir la confiance perdue. "Quiconque veut conduire la société vers l'insécurité, quel que soit son rang et son titre, sera détesté par le peuple", a prévenu Ali Khamenei. "Nos élites doivent être vigilantes. Toute parole, toute action, toute analyse qui aident (les ennemis) sera contraire à la voie du peuple", a-t-il dit.



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