Au lendemain de sa victoire dans les primaires démocrates Barack Obama s’est présenté devant l’Aipac, le principal lobby pro-israélien à Washington, auquel il a annoncé une politique radicalement pro-Israël. «Laissez-moi dire les choses clairement, a déclaré Barack Obama mercredi soir en évoquant la délicate question du statut final de Jérusalem. Tout accord avec les Palestiniens doit préserver l’identité d’Israël en tant qu’Etat juif doté de frontières sûres, reconnues et défendables. Jérusalem va demeurer la capitale d’Israël, et doit rester indivisée.» Réagissant immédiatement à ces propos, le président de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a «totalement rejeté» cette prise de position en rappelant que Jérusalem-Est est occupé depuis 1967 par Israël.
La position du candidat démocrate, qui a changé, est désormais plus rigide que celle de l’administration de George W. Bush. Officiellement, le département d’Etat estime en effet que la délicate question du statut final de Jérusalem doit être décidée d’un commun accord par Israël et la partie palestinienne. Bill Clinton, dans les dernières semaines de sa présidence, avait également évoqué favorablement la possibilité d’une division de Jérusalem dans le cadre d’un accord de paix.
Ovations. Même s’il s’exprimait devant un public dont il brigue le soutien, la volte-face de Barack Obama est surprenante. Pas plus tard que le mois dernier, Daniel Kurtzer, l’un de ses conseillers sur le Moyen-Orient, déclarait devant un centre d’étude juif, le JPPPI, qu’il «sera impossible de faire des progrès dans les pourparlers de paix [israélo-palestinien, ndlr] si l’avenir de Jérusalem n’est pas mis sur la table». Barack Obama, qui a été ovationné à treize reprises par 7 000 membres de l’Aipac, a aussi considérablement durci ses positions à l’égard de l’Iran. Plus question de rencontrer sans conditions les dirigeants iraniens comme il l’avait jusqu’alors préconisé pour résoudre la question du nucléaire. «Je n’irai pas m’asseoir avec nos adversaires pour le simple plaisir de discuter», a-t-il dit en prônant désormais un long et «prudent» processus diplomatique d’évaluation pouvant éventuellement conduire à une rencontre «avec le leader iranien approprié […] si, et seulement si, cela fait progresser les intérêts des Etats-Unis».
Obama, qui s’est engagé à fournir 30 milliards de dollars (19,12 milliards d’euros) d’assistance militaire à Israël, a approuvé les bombardements du Liban en 2006 par l’Etat hébreu, et a qualifié de «totalement justifié» le raid contre un site soupçonné d’abriter des «armes de destruction massives» en Syrie l’an dernier. «Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, a-t-il souligné avec emphase, pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. Tout.» Presque une surenchère comparée au candidat républicain, John McCain, qui, à cet égard, a déclaré que «l’option militaire» est sur la table, «mais seulement en dernier recours».
«Entité terroriste». Dernière volte-face : Barack Obama a déclaré que la Garde révolutionnaire iranienne avait été «désignée à raison comme une entité terroriste». L’an dernier, le sénateur s’était pourtant opposé au vote d’une résolution du Sénat désignant cette unité militaire iranienne comme une «entité terroriste». Il avait affirmé que cette résolution «téméraire» allait servir de «justification» à l’administration Bush pour «attaquer l’Iran».
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dimanche 8 juin 2008
Obama plus ferme que Bush sur Jérusalem
samedi 7 juin 2008
Shaul Mofaz juge inévitable une attaque d'Israël contre l'Iran
Le général Shaul Mofaz, ministre israélien des Transports, estime inévitable une attaque israélienne des sites nucléaires iraniens compte tenu de l'échec apparent des sanctions visant à empêcher Téhéran de fabriquer à terme l'arme atomique.
"Si l'Iran poursuit son programme de mise au point d'armes nucléaires, nous l'attaquerons. Les sanctions sont inefficaces", déclare Mofaz, un Israélien d'origine iranienne qui a également le rang de vice-Premier ministre auprès de Ehud Olmert.
"Attaquer l'Iran pour donner un coup d'arrêt à ses projets nucléaires sera inévitable", ajoute l'ancien chef d'état-major de Tsahal et ancien ministre de la Défense dans un entretien publié vendredi au quotidien Yedioth Ahronoth.
Mofaz, membre de Kadima comme Olmert, siège aujourd'hui au sein du cabinet de sécurité présidé par le chef du gouvernement et est en contact régulier avec le département d'Etat américain.
Ces menaces sont les plus explicites formulées contre la République islamique par un membre du gouvernement Olmert qui, comme l'administration Bush, préfère laisser entendre que le recours à la force ne serait qu'un pis-aller en cas d'échec de la diplomatie et de la politique des sanctions du Conseil de sécurité de l'Onu.
Interrogée sur ces propos, la Maison blanche a déclaré qu'elle ne souhaitait pas répondre à des "conjectures".
"La communauté internationale est, je crois, unanime à vouloir s'assurer que l'Iran ne développe pas d'arme nucléaire", a déclaré Scott Stanzel, porte-parole de la présidence américaine.
"Je ne vais pas m'exprimer sur des conjectures. Je crois que nous avons été assez clairs ces dernières semaines ou ces derniers mois à propos de notre approche envers l'Iran."
L'Iran, qui dément chercher à se doter du feu nucléaire sous couvert d'un programme énergétique civil, refuse de céder aux pressions occidentales pour une suspension de ses activités d'enrichissement d'uranium.
ATTAQUER SEUL L'IRAN?
Téhéran menace aussi de riposter, en cas d'attaque sur le sol iranien, en prenant pour cibles Israël - seul pays de la région, croit-on, à posséder un arsenal atomique - et des intérêts américains dans le Golfe.
Dans son entretien avec le journal, premier tirage de la presse quotidienne israélienne, Mofaz affirme aussi que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui propose de "rayer Israël de la carte du monde", "disparaîtra bien avant l'Etat hébreu".
Le porte-parole d'Ehud Olmert, Mark Regev, sans répondre directement aux propos de Mofaz, a déclaré que toutes les options restaient à l'étude pour empêcher l'Iran de se doter d'un arsenal atomique. Il a notamment souligné que beaucoup pouvait encore être fait sur le plan financier.
"Israël est fermement convaincu que même si les sanctions de l'Onu sont positives, il faut faire beaucoup plus pour inciter le régime de Téhéran à stopper son programme nucléaire agressif", a-t-il dit.
Regev a mentionné "d'autres mesures tangibles" comme un embargo sur les produits pétroliers raffinés à destination de l'Iran, des sanctions contre les hommes d'affaires iraniens voyageant à l'étranger ou l'accentuations des pressions sur les institutions financières iraniennes.
Les propos tenus par Mofaz coïncident avec une grave crise politique en Israël à la suite des accusations de corruption qui pourraient coûter son poste à Ehud Olmert.
Ce climat délétère, dans l'hypothèse d'un retrait d'Olmert, incite les possibles successeurs de l'actuel Premier ministre, dont Mofaz fait partie, à prendre leurs marques en vue d'une éventuelle course à la succession.
En 1981, l'aviation israélienne avait détruit en Irak le réacteur nucléaire "Osirak", construit avec l'aide de la France.
Et en septembre, les chasseurs-bombardiers aux couleurs de Tsahal ont rasé un mystérieux site nucléaire dans le désert syrien construit, selon Washington, avec l'aide de la Corée du Nord. Damas a démenti posséder semblable installation.
Des analystes indépendants doutent toutefois que l'Etat hébreu ait la capacité militaire d'attaquer seul l'Iran, qui compte des sites nucléaires nombreux, bien répartis et protégés.
Version française Jean-Loup Fiévet et Jean-Stéphane Brosse
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vendredi 6 juin 2008
Attaques coordonnées de la Turquie et l'Iran contre les rebelles kurdes en Irak
La Turquie et l'Iran ont mené des attaques communes contre les rebelles kurdes dans le nord de l'Irak, a annoncé jeudi un général turc, selon des informations télévisées.
Les deux pays avaient fait part de leur intention de coopérer contre les rebelles kurdes, mais ces déclarations confirment que Ankara et Téhéran agissent de concert contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui combattent pour l'autonomie des Kurdes turcs, et le PEJAK, sa branche iranienne.
La télévision CNN-Turk a cité le général Ilker Basbug, commandant des forces terrestres turques, qui a déclaré que les deux pays partageaient des informations sur les rebelles, et envisageaient de mener davantage d'opérations coordonnées contre eux à l'avenir. AP
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Barack Obama durcit le ton face à l'Iran et soutient Israël
Dans son premier discours de politique étrangère depuis sa victoire dans la course à l'investiture démocrate, Barack Obama a durci mercredi le ton à l'égard de l'Iran et s'est rangé aux côtés d'Israël en ce qui concerne l'avenir de Jérusalem.
Assuré depuis la veille au soir d'affronter le républicain John McCain à l'élection présidentielle du 4 novembre, le sénateur de l'Illinois s'est engagé à empêcher la République islamique de se doter de l'arme nucléaire et a assuré que la ville sainte était et resterait la capitale indivisible de l'Etat juif.
La position d'Obama à l'égard d'Israël a suscité des doutes au sein de la communauté juive américaine, doutes alimentés par des rumeurs selon lesquelles il serait de confession musulmane et son équipe aurait un penchant pro-arabe.
Certains de ses détracteurs ont en outre cherché à saper son crédit auprès des électeurs juifs en laissant entendre qu'il pourrait se montrer plus enclin que George Bush ou John McCain à faire pression sur l'Etat juif pour obtenir des concessions dans le cadre du processus de paix.
S'exprimant devant le Comité américano-israélien des affaires publiques (AIPAC), un lobby pro-israélien, Obama a promis de ne ménager aucun effort pour faire aboutir ce processus, sans transiger sur la sécurité de l'Etat hébreu.
"Que ce soit clair: la sécurité d'Israël est sacro-sainte. Elle n'est pas négociable. Les Palestiniens ont besoin d'un Etat contigu et unifié qui leur permette de prospérer."
"Mais tout accord avec le peuple palestinien doit préserver l'identité d'Israël en tant qu'Etat juif doté de frontières sûres, reconnues et défendables. Jérusalem restera la capitale d'Israël et ne doit pas être divisée", a-t-il affirmé, s'attirant une réponse immédiate de Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne.
"Le monde entier sait que la sainte Jérusalem a été occupée en 1967 et nous n'accepterons pas d'Etat palestinien sans Jérusalem pour capitale", a-t-il déclaré à la presse.
"L'AIR BIEN EFFRAYANT"
"Il a fermé toutes les portes de la paix", a renchéri le négociateur Saëb Erekat. Le Hamas a indiqué que ces propos le confortaient dans l'idée qu'il n'y aurait pas de changement dans la politique américaine au Proche-Orient, quel que soit le successeur de George Bush.
Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, en visite pour trois jours à Washington, a en revanche fait part de sa satisfaction.
"La sortie de Barack Obama a été très impressionnante et ses remarques sur Jérusalem très touchantes", a-t-il dit. "S'il est élu président, nous discuterons avec lui de toutes les questions qui sont à l'ordre du jour."
Les autorités israéliennes ont fait de la ville sainte leur capitale "éternelle et indivisible", mais la souveraineté qu'elles revendiquent n'a jamais été reconnue. La question est l'un des points clés du processus de paix renoué en novembre à Annapolis, sous l'égide de George Bush. Les deux parties se sont alors engagées à le mener à bien avant son départ de la Maison blanche, en janvier 2009.
Evoquant les rumeurs que certains e-mails transmis pendant la campagne ont fait courir à son sujet, Obama les a balayées sur le ton de la plaisanterie.
"Dites-moi si vous voyez ce type nommé Barack Obama, parce qu'il m'a l'air bien effrayant", a-t-il ironisé, visiblement radieux au lendemain de sa victoire sur Hillary Clinton.
En ce qui concerne l'Iran, McCain a fustigé ces dernières semaines l'appel d'Obama en faveur du dialogue avec le président Mahmoud Ahmadinejad, qui a souhaité voir l'Etat d'Israël "rayé de la carte".
Le sénateur métis a, depuis, expliqué qu'il ne pourrait, une fois élu, garantir une rencontre avec son homologue iranien. Il est allé un peu plus loin mercredi en posant de strictes conditions à une telle entrevue.
"Il y aura des préparatifs méticuleux. Nous ouvrirons des voies de communication, nous bâtirons un ordre du jour, coopérerons étroitement avec nos alliés et nous évaluerons les chances de succès", a expliqué Obama.
"Je n'ai aucun intérêt à m'asseoir avec nos adversaires s'il ne s'agit que de discuter. Mais, en tant que président des Etats-Unis, j'adopterai une diplomatie ferme et fondée sur des principes avec le dirigeant iranien compétent au moment et à l'endroit de mon choix, si et seulement si cela peut servir les intérêts des Etats-Unis", a-t-il souligné.
"Le danger de l'Iran est grave, il est réel et mon but sera d'éliminer cette menace. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher l'Iran d'obtenir une arme nucléaire, tout", a insisté le futur candidat démocrate.
Caren Bohan, version française Jean-Philippe Lefief
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Obama décidé à empêcher l'Iran d'acquérir le feu nucléaire
Barack Obama, assuré de l'investiture du Parti démocrate pour la présidentielle de novembre aux Etats-Unis, affirme que l'Iran constitue un grave danger pour le Proche-Orient et s'est engagé à l'empêcher d'acquérir l'arme atomique.
"Le danger de l'Iran est grave, il est réel et mon but sera d'éliminer cette menace", a-t-il dit lors d'un discours prononcé devant le Comité américano-israélien des affaires publiques (AIPAC), un lobby pro-Israël.
"Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher l'Iran d'obtenir une arme nucléaire, tout", a-t-il insisté.
Le sénateur de l'Illinois s'est en outre engagé à promouvoir le droit d'Israël à se défendre et a promis de ne pas ménager ses efforts en faveur d'un accord de paix israélo-palestinien.
"Je me dresserai toujours pour le droit d'Israël à se défendre, aux Nations unies et partout dans le monde", a-t-il poursuivi.
Certains de ses détracteurs ont cherché à saper son crédit auprès de la communauté juive en laissant entendre qu'il pourrait se montrer plus enclin que George Bush ou John McCain, son futur adversaire républicain, à faire pression sur l'Etat juif pour obtenir des concessions dans le cadre du processus de paix.
Obama s'est efforcé de dissiper cette impression, à l'occasion notamment d'une intervention devant un groupe d'électeurs juifs, le mois dernier en Floride.
McCain a en outre dénoncer son appel au dialogue avec l'Iran, dont le président Mahmoud Ahmadinejad a souhaité voir Israël "rayé de la carte".
L'Iran, "la principale menace pour nous tous", dit Bush à Olmert
L'Iran est la principale menace pour nous tous, a déclaré George Bush, s'adressant au Premier ministre israélien Ehud Olmert en visite officielle aux Etats-Unis.
Le président américain et son hôte, reçu dans le bureau ovale de la Maison blanche, ne se sont pas soumis aux questions des journalistes, vraisemblablement pour éviter d'aborder le scandale de corruption dans lequel le chef du gouvernement israélien est mis en cause.
Olmert avait souhaité la veille que "tous les moyens disponibles" soient mis en oeuvre pour stopper le programme nucléaire iranien, évoquant des conséquences dévastatrices si Téhéran n'y renonce pas.
Il s'agit de l'avertissement le plus ferme adressé par Olmert à l'Iran. Fragilisé sur le plan intérieur par une affaire de pots-de-vin qui pourrait lui coûter son poste, le Premier ministre a également estimé que les sanctions internationales politiques et financières n'étaient "qu'un premier pas".
La République islamique affirme, sans convaincre les puissances occidentales, que son programme d'enrichissement d'uranium est exclusivement de nature civile.
Jeffrey Heller et Matt Spetalnik, version française Jean-Philippe Lefief
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mardi 3 juin 2008
Ali Khamenei : l'Iran "ne recherche pas l'arme nucléaire"
"Nous voulons de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques pour un usage quotidien et nous continuerons sur cette voie même si cela doit rendre jaloux nos ennemis", assure le guide suprême iranien.
L'ayatollah Ali Khamenei, le dirigeant suprême de l'Iran, a assuré mardi 3 juin que Téhéran ne cherchait pas à se doter de l'arme nucléaire et que posséder la bombe atomique ne "servait à rien".
"La nation iranienne ne recherche pas l'arme nucléaire", a dit le guide suprême, dans un discours retransmis par la télévision nationale en direct.
"Nous voulons de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques pour un usage quotidien et nous continuerons sur cette voie même si cela doit rendre jaloux nos ennemis. Nous voulons très fort réaliser cet objectif", a-t-il dit.
"Elles ne sont pas utilisables"
"Aucune nation dotée de sagesse aujourd'hui n'est intéressée par la fabrication de l'arme atomique. Elle (Cette arme) va à l'encontre de toute pensée rationnelle. Les bombes atomiques ne sont pas bénéfiques car elles ne sont pas utilisables... Ils (les ennemis de l'Iran) savent que les armes nucléaires ne servent à rien".
L'ayatollah Khamenei prenait la parole au lendemain d'un discours du directeur général de l'AIEA, l'Egyptien Mohamed ElBaradei, qui exigeait des "explications complètes" de l'Iran sur son programme nucléaire controversé.
Mohamed ElBaradei a ainsi jugé "regrettable" l'absence de progrès de la part des dirigeants iraniens, qui ont refusé de s'expliquer sur la militarisation présumée de leur programme.
Ahmadinejad : Israël et les USA vont disparaître
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Nucléaire: l'AIEA veut des explications de l'Iran et envoie des inspecteurs en Syrie
Le directeur général de l'AIEA Mohamed ElBaradei a exigé lundi des "explications complètes" de l'Iran sur son programme nucléaire controversé et a parallèlement annoncé l'envoi d'inspecteurs en Syrie au sujet du présumé réacteur nucléaire détruit par Israël en septembre.
S'adressant aux représentants des 35 pays membres du Conseil des gouverneurs de l'agence onusienne à l'ouverture de sa réunion d'été, il a jugé "regrettable" l'absence de progrès de la part des dirigeants iraniens, qui ont refusé de s'expliquer sur la militarisation présumée de leur programme.
"Je leur demande une nouvelle fois d'être pleinement coopératifs", a déclaré M. ElBaradei, en rappelant que cela faisait cinq ans que son agence cherchait à établir la véritable nature des activités nucléaires de Téhéran.
Le succès de cette démarche "dépend en premier lieu de ce que l'Iran fasse preuve de la transparence nécessaire et fournisse des explications complètes", a déclaré le patron de l'AIEA.
L'agence souhaite notamment une "clarification sur le faisceau d'allégations (...) sur de possibles dimensions militaires du programme nucléaire iranien", a-t-il rappelé.
Selon des renseignements que l'AIEA a affirmé tenir de dix pays, l'Iran aurait mené par le passé des études suggérant une militarisation de son programme, notamment sur le façonnage d'une ogive nucléaire ou l'adaptation du missile Shahab-3.
Téhéran, qui proclame que son programme nucléaire est strictement pacifique, a jusqu'à présent jugé "sans fondement" ces documents, qualifiés de "prétendues études", et a affirmé avoir fourni toutes les explications nécessaires.
M. ElBaradei a par ailleurs annoncé l'envoi en Syrie d'inspecteurs de l'AIEA du 22 au 24 juin afin de détermnier si oui ou non ce pays avait entrepris, comme l'affirme Washington, de construire un réacteur nucléaire à Al Kibar, avant que ce site présumé ne soit détruit par un raid israélien en septembre.
"J'attends la pleine coopération de la Syrie dans ce dossier", a-t-il déclaré.
M. ElBaradei a parallèlement jugé "profondément regrettable" qu'Israël et les Etats-Unis aient attaqué l'installation nucléaire syrienne présumée sans permettre auparavant à l'agence de l'inspecter.
Selon ces deux pays, Damas était en train de s'équiper d'un réacteur nucléaire à finalité militaire, avec l'aide de la Corée du Nord.
D'après des documents et des photographies détaillées fournis en avril par Washington à l'AIEA, le présumé réacteur en construction présentait des similitudes avec le réacteur nord-coréen de Yongbyon produisant du plutonium. Damas a rejeté ces allégations en les qualifiant de "ridicules".
Tout en déplorant le "recours unilatéral à la force avant que l'agence n'ait la possibilité d'établir les faits" à Al Kibar, M. ElBaradei a formellement rappelé à la Syrie son obligation de "signaler à l'agence tout projet et toute construction d'installation nucléaire".
La Syrie et l'Iran sont tous deux membres du Traité de non-prolifération nucléaire par lequel ils se sont engagés à ne pas chercher à se doter de l'arme atomique et à accepter des inspections, à la différence d'Israël, qui n'a pas rejoint ce traité.
Téhéran est sous le coup de trois séries de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU pour avoir refusé de geler ses activités d'enrichissement d'uranium, qui peuvent avoir des finalités militaires.
Le groupe composé des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et de l'Allemagne a indiqué vouloir présenter prochainement à Téhéran une offre "rafraîchie" de large coopération en échange d'une suspension de ces activités.
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