Trois Iraniens, condamnés pour meurtre, ont été pendus dans le sud de l'Iran, ont rapporté samedi les médias.
Le premier meurtrier, dont le quotidien Iran ne donne que le prénom, Heshmat, a été exécuté au cours de la semaine écoulée dans la prison centrale de Kazeroun (sud).
Les deux autres ont été pendus mercredi dernier à la prison Adel-Abad de Shiraz (sud), a rapporté le quotidien Etemad.
C0es pendaisons portent à 41 le nombre des personnes exécutées en Iran depuis le début de l'année. En 2008, 246 personnes ont été exécutées dans le pays, selon un décompte de l'AFP.
Les autorités iraniennes ont accentué le recours à la peine de mort depuis plus d'un an, dans le cadre d'une campagne censée améliorer la "sécurité morale" dans le pays.
Selon Amnesty International, 317 personnes avaient été exécutées en 2007, ce qui plaçait la République islamique au deuxième rang des pays où la peine de mort est la plus appliquée, derrière la Chine.
Le meurtre, le viol, le vol à main armée, le trafic de drogue et l'adultère sont passibles de la peine de mort en Iran.
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samedi 31 janvier 2009
Pendaison de trois meurtriers
vendredi 30 janvier 2009
L'équipe Obama tâtonne sur la méthode à adopter pour définir une nouvelle approche face à l'Iran
Dans la mécanique parfaitement huilée, il manque un rouage : l'Iran. En une semaine, Barack Obama a envoyé un émissaire au Proche-Orient, confirmé le désengagement d'Irak, et nommé un représentant pour le Pakistan et l'Afghanistan (Richard Holbrooke, qui doit se rendre dans la région après avoir participé le 6 février à la 45e conférence de Munich sur la sécurité). Mais rien, en apparence, sur le dossier iranien.
Pendant la campagne, Barack Obama avait fait du dialogue avec l'Iran l'un des signes distinctifs de sa candidature. Depuis l'élection, il s'en est tenu à des gestes prudents. Dans son entretien à la chaîne Al-Arabiya, il a tendu la main au monde musulman et, s'il n'a pas fait d'offre spécifique à l'Iran, il a prononcé le mot qui compte à Téhéran : "respect". Deux jours plus tard, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, lui a répondu en se déclarant ouvert au dialogue mais en exigeant que les Etats-Unis "présentent des excuses" pour les "crimes" commis contre l'Iran depuis 30 ans.
Officiellement, la politique iranienne de l'administration Obama est "en cours de révision", et ce pour une durée non précisée. Le responsable du dossier n'a pas encore été désigné (mais il devrait être Dennis Ross, l'ancien envoyé spécial de Bill Clinton, un choix motivé par le souci, dit-on, de rassurer Israël). Selon les responsables américains, il ne faut pas voir dans cette absence de gestes spectaculaires une relégation du problème, mais la volonté de trouver "l'outil qui convient" à chaque situation.
LETTRE DE FÉLICITATIONS
De fait, l'administration Obama n'a aucune raison de se presser. Des élections présidentielles sont prévues en juin en Iran. Pour Clifford Kupchan, stratège au groupe Eurasia, "le président va faire attention à ne pas prendre d'initiatives qui pourraient être tournées à son profit par Mahmoud Ahmadinejad" dans sa campagne. "Ensuite, il faudra préparer le Congrès et le public à la diplomatie. Il y aura une forte opposition, du Congrès, du lobby pro-israélien Aipac, etc."
L'administration fait aussi face aux résistances des Israéliens, et des Arabes modérés, qui voient avec inquiétude la possibilité d'un dialogue, voire d'un compromis entre les Etats-Unis et l'Iran. Les Européens, eux, ont demandé à être informés, sinon consultés. C'est ce que va faire le numéro trois du département d'Etat, William Burns, lors d'une réunion du groupe P5 + 1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne) la semaine prochaine.
Il semble aussi que la définition de la stratégie américaine soit encore floue. Toutes les idées circulent. Certains pensent qu'il serait souhaitable d'engager un rapprochement sur des sujets humanitaires - la disparition de l'Américain Robert Levison en Iran, par exemple, que Hillary Clinton, la secrétaire d'Etat, a mentionnée devant le Sénat. Ou sur des sujets d'intérêt commun, comme l'Afghanistan, dossier sur lequel les deux pays avaient entretenu des négociations secrètes en 2003. L'Iran pourrait aussi se joindre à une conférence régionale, a suggéré, mercredi, le chef d'état-major interarmes, l'amiral Mike Mullen.
Dans son édition de jeudi, The Guardian affirmait que la détente pourrait commencer par l'envoi d'une lettre de Barack Obama au peuple iranien, ou au Guide suprême Khamenei. Le département d'Etat et la Maison Blanche ont démenti. Ni le président ni la secrétaire d'Etat n'ont "ordonné ou pris connaissance" d'un projet de lettre comme celui-là. Barack Obama n'a jamais répondu à la lettre de félicitations envoyée par Mahmoud Ahmadinejad, juste après son élection.
Corine Lesnes
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Ahmadinejad va se présenter pour un deuxième mandat de quatre ans
TEHERAN (AFP) — Le président iranien ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad va se porter candidat à un deuxième mandat de quatre ans, a annoncé mercredi un de ses conseillers, à moins de cinq mois de l'élection prévue le 12 juin.
"Il va naturellement être candidat, car naturellement tous les programmes et toutes les politiques qu'il a engagés ne peuvent être exécutés dans un mandat de quatre ans", a dit à l'AFP son conseiller pour les médias, Ali Akbar Javanfekr.
C'est la première fois qu'un proche du président annonce que M. Ahmadinejad a l'intention de se présenter au scrutin du 12 juin, pour lequel seul le réformateur et ex-président du Parlement Mehdi Karoubi s'est porté candidat à ce jour.
M. Ahmadinejad, 52 ans, qui était auparavant maire de Téhéran, avait remporté l'élection de 2005 en déjouant les pronostics, sur une plate-forme de justice sociale et de retour aux valeurs de la révolution islamique de 1979.
Selon M. Javanfekr, "il ne dépensera pas d'argent pour la campagne à un niveau comparable à" celle de 2005. "Et je ne pense pas qu'il ait besoin de faire campagne."
Le président iranien est élu pour un mandat de quatre ans renouvelable une fois.
M. Ahmadinejad est réputé bénéficier d'un soutien marqué du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui est la plus haute autorité de l'Etat.
Mardi, le chef d'état-major des forces armées iraniennes, le général Hassan Firouzabadi, a apporté son soutien à la réélection du président, alors qu'il est très rare qu'un haut responsable militaire apporte ouvertement son soutien à un responsable politique en Iran.
S'agissant de la campagne électorale à venir, dont la date n'a pas encore été fixée, M. Javanfekr a expliqué: "Nous montrerons ce que le gouvernement a fait et nous montrerons le progrès de la nation et l'étendue de la justice".
M. Javanfekr a dit que M. Ahmadinejad se présenterait à l'élection "pour voir ses programmes porter leurs fruits".
La situation économique s'est déteriorée notablement depuis 2005 selon de nombreux économistes. L'inflation, qui s'établissait un peu au-dessus de 10% à la fin du mandat de M. Khatami, a atteint presque 30% fin 2008.
Les économistes ont mis en cause la politique de dépenses publiques du gouvernement de M. Ahmadinejad, avec des injections massives de liquidités dans un circuit économique contrôlé à 80% par l'Etat.
Cette politique a été rendue possible par le prix élevé sur les marchés mondiaux du pétrole, qui assure environ 80% des recettes en devises du pays et plus de 50% des rentrées du gouvernement.
Mais le prix du brut a chuté brutalement avec la crise financière et économique mondiale, d'un record de 147 dollars le baril à l'été 2008 à un prix oscillant autour de 40 dollars.
L'économie iranienne subit aussi le coût des sanctions des Etats-Unis et du Conseil de sécurité de l'ONU, à cause de son programme nucléaire controversé, qui ont refroidi les investisseurs étrangers.
Le président Ahmadinejad a adopté une ligne de fermeté à l'égard de l'Occident qui est désormais confrontée aux signes d'ouverture esquissés par la nouvelle administration américaine de Barack Obama.
Le successeur de M. Ahmadinejad à la mairie de Téhéran, Mohammad Baqer Qalibaf, est un autre candidat potentiel du courant conservateur à la présidentielle.
L'ancien président réformateur Mohammad Khatami (1997-2005), poussé par ses partisans à se présenter, a déclaré mercredi qu'il préférait ne pas se lancer, tout en disant qu'il prendrait sa décision finale dans les jours à venir.
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Philippe Welti, un «Américain» en Iran
Pendant quatre ans, il a été l'ambassadeur de Suisse en Iran, fonction qui englobe la représentation des intérêts américains. À l'heure où Barack Obama tend prudemment la main à Téhéran, le diplomate, sur le départ, revient sur sa délicate mission et offre quelques conseils pour un possible dialogue.
Femmes voilées, midinettes en robe moulante, diplomates en costume-cravate, officiels en chemise sans col piétinent dans les jardins cossus de la résidence de l'ambassadeur de Suisse, sur les hauteurs de Téhéran. La fête nationale suisse, célébrée fin juillet, est un événement qui ne se rate pas. À 60 ans, Philippe Welti attire les foules.
Avec sa deuxième casquette de représentant des intérêts américains en Iran - faute de dialogue entre les deux pays depuis trente ans -, il est le diplomate occidental le plus en vue de Téhéran. Le plus sollicité aussi. Un rôle dont ce grand bonhomme chaleureux a profité pour se faire entendre. «Il est important d'évoquer des sujets qui fâchent, estime-t-il. Et il faut être sur place pour faire bouger les choses. Ce n'est pas avec des programmes en farsi sur Voice of America qu'on aide la société civile iranienne», estime ce Zurichois, en référence aux millions de dollars de Washington pour soutenir, à distance, «la démocratie en Iran»… Avec l'arrivée au pouvoir de Barack Obama, «une nouvelle approche» se profile. Évoquée sous Bush, l a réouverture d'un avant-poste diplomatique américain à Téhéran pourrait être concrétisée. L'ambassadeur Welti sera peut-être le dernier de son espèce, lui qui s'est retrouvé pendant quatre ans aux premières loges du ping-pong irano-américain.
Quand Welti débarque en juillet 2004 à Téhéran, il plonge dans l'inconnu. «Je m'étais préparé à l'idée d'un emploi routinier dans un pays morose», dit-il. Son mandat vis-à-vis de Washington est multiple. De bonne source, il s'y est rendu deux fois par an pour des briefings. En plus de la revue de presse quotidienne, ses analyses de terrain sont régulièrement sollicitées. Il doit aussi garder un œil sur la section spéciale des «intérêts américains», qui offre des services consulaires à quelque 7 000 ressortissants.
À ces tâches s'ajoutent les nombreux impromptus iraniens, Téhéran étant friand de «notes» adressées à Washington, par le canal suisse. Violations de l'espace aérien par les troupes américaines en Irak, arrestations de ressortissants iraniens par les forces de la coalition… Les occasions ne manquent pas, même si la République islamique peut aussi passer par l'ambassade du Pakistan à Washington.
L'expérience se révèle riche en surprises. «La population iranienne n'est pas du tout antioccidentale, ni antiaméricaine, à l'inverse de certains dirigeants», dit-il. Lors de ses voyages, il découvre un Iran divers. À Qom, le Vatican du chiisme, il dîne chez un mollah qui lui offre un coran. À Yazd, il côtoie la minorité zoroastrienne. À Chiraz, il se recueille sur les tombeaux de Hafez et Saadi, les grands poètes de la Perse antique. Très vite, sa résidence téhéranaise se transforme en laboratoire. Musicien, il improvise des concerts privés, organise des conférences de philosophie. «J'ai invité des penseurs officiels et des intellectuels indépendants. Je n'ai rien à cacher. C'est important de jouer le jeu de la transparence.»
Mais au fil des années, le nombre de participants se réduit : avec Ahmadinejad, l'Iran se durcit. En août 2005, le président annonce la reprise des activités nucléaires. Deux mois plus tard, il lance ses diatribes contre Israël. À Washington, les néoconservateurs qui entourent George W. Bush évoquent un «changement de régime» et menacent de bombarder l'Iran. En décembre 2006, les premières sanctions tombent. Au nom de la lutte contre «l'ennemi étranger», les ultras du régime étouffent les libres penseurs, accusés d'espionnage «à la solde de l'Amérique».
Pour le diplomate, il est évident que l'absence de communication directe accentue les malentendus. Les Américains n'oublient pas l'humiliation de la prise d'otage de leurs diplomates en 1979. Les Iraniens se souviennent du coup d'État contre leur premier ministre Mossadegh, en 1953. Lors de ses déplacements à Washington, Welti tente d'expliquer à ses interlocuteurs l'importance de la «fierté» iranienne, dans un pays qui «rêve qu'on le traite d'égal à égal». «Vous n'aboutirez à rien si vous frappez du poing sur la table.» Les signaux de Téhéran peuvent, parfois, provoquer de faux espoirs. Le 8 mai 2006, l'horloge affiche 11 heures dans les locaux de l'ambassade de Suisse. «Nous avons une missive à remettre aux Américains», dit, à l'autre bout du fil, un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères. «J'arrive», répond Welti, annulant tous ses rendez-vous de la matinée. Ce n'est pas la première fois qu'il fait le coursier. Mais cette lettre est porteuse d'un message historique. Rédigée par Ahmadinejad, elle est directement adressée à… «George double U Bush» (dans le texte !). C'est la première fois en vingt-huit ans qu'un dirigeant iranien établit un contact avec un chef d'État américain.
La déception est radicale. Ce qui aurait pu être une ébauche de rapprochement se révèle une énième opportunité ratée. «Il s'agissait d'un florilège d'incantations mystiques, une leçon de morale adressée à Bush», se rappelle l'ambassadeur, encore surpris par ce langage auquel le président américain dédaigna de répondre. Cette expérience insolite est riche en enseignements sur la difficulté du «défi iranien» qui attend Barack Obama. Mais la capacité du nouveau président américain à discuter avec Téhéran dépendra aussi de son futur homologue iranien, qui sera élu le 12 juin prochain.
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L'Iran répond aux propositions de Barack Obama
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, demande, mercredi 28 janvier, à Barack Obama de s'excuser pour les "crimes" commis selon lui par les Etats-Unis contre l'Iran. Dans un discours dans la ville de Kermanshah, le président iranien a énuméré toute une liste de griefs contre les Etats-Unis remontant jusqu'à leur organisation d'un coup d'Etat en 1953 pour renverser le premier ministre de l'époque, Mohammad Mossadegh. Il a aussi mentionné l'opposition de Washington à la révolution islamique de 1970 ou son soutien à l'Irak dans la guerre engagée par Bagdad contre l'Iran.
M. Ahmadinejad appelle Washington à "respecter les peuples", à "ne plus s'ingérer dans les affaires des autres peuples", à "mettre un terme au soutien aux sionistes sans racines, illégaux et fantoches", et enfin à permettre au peuple américain "de décider de son propre sort". L'Iran "accueille favorablement le changement à condition qu'il soit en profondeur", dit le président iranien. Il avertit que si "quelqu'un veut parler avec le peuple iranien avec le même état d'esprit que [l'ex-président George W.] Bush (...) mais avec des mots nouveaux, la réponse de l'Iran sera la même que celle donnée ces dernières années à Bush et ses valets".
M. Obama, qui a pris ses fonctions le 20 janvier, s'est dit prêt à engager un dialogue avec l'Iran si ce dernier "desserre le poing". Sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton a réitéré ce message. Les Etats-Unis et l'Iran n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1980. M. Obama s'est dit par le passé favorable à un dialogue sans condition avec l'Iran, mais l'objectif ultime de son administration est le même que celui de la précédente : la nouvelle ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, a indiqué lundi que le but des pressions internationales contre la République islamique était d'"obtenir la fin du programme nucléaire de l'Iran".
Mahmoud Ahmadinejad briguera un deuxième mandat
Le président iranien ultraconservateur, Mahmoud Ahmadinejad, va se présenter pour un deuxième mandat à l'élection de juin 2009, a déclaré mercredi son conseiller pour les médias. "Tous les programmes et politiques qu'il a engagés ne peuvent être exécutés dans un mandat de quatre ans", a dit Ali Akbar Javanfekr. C'est la première fois qu'un proche du président annonce que M. Ahmadinejad a l'intention de se représenter au scrutin du 12 juin, pour lequel seul le réformateur et ex-président du Parlement Mehdi Karoubi s'est porté candidat à ce jour. – (avec AFP)
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"Pour un instant, la liberté" : de l'Iran à la liberté
Le film de la semaine:
Film autrichien d'Arash T. Riahi avec Navid Akhavan, Pourya Mahyari, Kamran Rad, Payam Madjlessi. (1 h 50).
Réfugié en Autriche depuis l'âge de neuf ans, Arash T. Riahi, le réalisateur de ce film, est originaire d'Iran. C'est donc un peu son histoire qu'il met en scène dans ce film consacré à divers réfugiés iraniens en attente de visa pour l'Europe. Après avoir passé clandestinement la frontière, plusieurs personnages se retrouvent à Istanbul, où ils tentent d'obtenir le fameux sésame. Il y a là un couple et un petit garçon qui jouent le tout pour le tout, deux cousins accompagnés de deux enfants dont les parents vivent déjà en Autriche, un vieux professeur au bout du rouleau qui s'est lié d'amitié avec un jeune Kurde fantasque et immodérément optimiste.
Toutes ces figures se croisent dans le film, et portent avec elles une psychologie, une tonalité, un destin spécifiques qui permettent au réalisateur de jouer sur une gamme étendue de sentiments, du tragique au comique. Montée sur des ressorts dramatiques assez convenus, cette fresque humaniste au propos honnête ne se prémunit pas suffisamment contre le piège de la plus value compassionnelle que lui tend son sujet.
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mardi 27 janvier 2009
Les Moudjahidine du peuple iranien retirés de la liste européenne des organisations terroristes
Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé lundi de retirer les Moudjahidine du peuple iranien (OMPI) de la liste européenne des organisations terroristes. C'est la première fois qu'une organisation considérée comme terroriste est retirée de la liste européenne.
Selon des diplomates, cette décision qui prend effet mardi et permet d'assurer que les fonds de l'OMPI seront débloqués. Cette décision va également à coup sûr provoquer une aggravation de la détérioration des relations entre l'UE et l'Iran, Téhéran souhaitant le maintien de l'OMPI sur la liste européenne.
Le 4 décembre dernier et pour la troisième fois, la justice européenne avait annulé la décision de l'Union européenne de geler les fonds des Moudjahidine du peuple iranien. Dans un communiqué, Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI, l'aile politique de l'OMPI, basée à Paris) et co-fondatrice avec son époux Massoud Radjavi des Moudjahidine du peuple, avait qualifié cette décision du tribunal de première instance des communautés européennes de "victoire de la justice". Elle avait alors jugé que l'OMPI de fait n'était plus sur la liste noire de l'UE, où elle est inscrite depuis 2002.
Il s'agissait du dernier épisode en date dans la bataille judiciaire que mènent depuis six ans les Moudjahidine du peuple, qui se revendiquent comme les représentants légitimes de l'opposition au régime de Téhéran et cherchent à se défaire de leur étiquette de mouvement terroriste. L'OMPI est également considérée comme une organisation terroriste par les Etats-Unis.
Dans sa décision, la cour basée à Luxembourg a estimé que les Vingt-Sept avaient "violé les droits de la défense" de l'OMPI, et que les Européens n'avaient pas fourni d'éléments suffisants pour inscrire l'organisation sur la liste noire terroriste.
La cour a jugé que l'UE ne pouvait pas baser ses décisions en matière de gels des avoirs et de liste terroriste sur les éléments apportés par un pays-membre -en l'occurrence la France- si ce dernier n'acceptait pas de partager ses informations avec la justice européenne.
La justice française enquête depuis 2001 sur les Moudjahidine du peuple: 17 personnes sont mises en examen depuis juin 2003, dont Mme Radjavi, pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.
Les Moudjahidine du peuple ont participé à la révolution islamique de 1979 avant de s'opposer au régime des mollahs s'installant à Téhéran, lançant une campagne d'assassinats et attentats visant à le renverser. On leur attribue des centaines de ces actions, ainsi que des opérations visant des cibles occidentales, depuis les années 70.
Le groupe, qui selon le Département d'Etat américain a un fonctionnement de type sectaire, s'est installé en Irak au début des années 80. Lors de l'invasion américaine de 2003, des milliers de Moudjahidine du peuple ont été désarmés et enfermés dans un camp près de Bagdad. AP
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