Quinzaine des réalisateurs Lonely Tunes of Tehran de Saman Salour, avec Behrouz Jalili, Hamid Habibifar… 1h15.
Comme tout ce qui rode aujourd’hui autour du réel, Lonely Tunes of Tehran fait d’emblée envie : à la lecture du synopsis, on pouvait deviner à travers l’activité à haut risque des deux personnages principaux - vendre et installer chez des particuliers iraniens des antennes paraboliques (briseuses de dogmes, évidement interdites) - le prétexte semi-politique d’une virée en ville, un survol de Téhéran vu depuis les toits, assorti d’un descriptif d’activitées souterraines.
Découvrir que l’un des deux héros est un nain mythomane à la voix aiguë et que son adjoint est un grand escogriffe avec de l’eau salée à la place du cerveau désoriente un peu. Mais c’est presque le charme (pas superdiscret) du film : offrir tout à la fois le documentaire, les variétés, le numéro de cirque et même le feuilleton tire-larmes.
On se félicite généralement qu’un cinéaste prenne des risques. Saman Salour, trentenaire ayant déjà deux longs métrages à son actif, est assez fou - et on l’en félicite - pour entreprendre un film clandestin tourné à 80 % en extérieur (avec acteurs lâchés dans la nature et caméra planquée au loin). Rajouter à cela un second défi, esthétique cette fois, en mariant la carpe comédie avec le lapin néoréaliste (on pense surtout à De Sica), c’était peut-être le risque de trop.
PHILIPPE AZOURY
mardi 20 mai 2008
Parabolique. Un film défi et inattendu de Saman Salour.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire