L'Union européenne (UE) a officiellement levé lundi les sanctions qu'elle maintenait encore contre Cuba, dans l'espoir d'encourager le nouvel homme fort du régime, Raul Castro, à entreprendre des réformes démocratiques. La décision, dont le principe avait déjà été adopté jeudi, lors du sommet européen, par les ministres des Affaires étrangères de l'UE, a été entérinée lors d'une réunion des ministres européens de l'Agriculture à Luxembourg. En réalité, les sanctions européennes étaient déjà suspendues depuis 2005.
Toutefois, pour tenir compte des réticences de certains pays européens à régulariser leurs relations avec Cuba, comme la République tchèque qui a bloqué toute évolution pendant des mois, l'UE a posé des conditions à la levée des sanctions. Il est prévu que les Européens réexaminent chaque année leur position, à la lumière de la situation des droits de l'homme à Cuba. Les États membres sont aussi invités à entretenir leurs contacts avec l'opposition démocratique dans l'île.
Nouvelles sanctions contre l'Iran
Dans le même temps, les Européens ont durci les sanctions à l'égard de l'Iran. Les ministres européens de l'Agriculture et de la Pêche ont notamment décidé d'interdire les activités de la banque commerciale Melli, première institution financière iranienne avec quelque 3.100 succursales, dont 16 à l'étranger. Ses activités en Europe, concentrées à Hambourg, Londres et Paris, devraient être suspendues dès l'entrée en vigueur de ces mesures, avec leur publication mardi au Journal officiel de l'UE. Ces nouvelles sanctions ajoutent de nouveaux noms à la liste des personnes et organisations iraniennes - en principe 20 personnes et 15 entités supplémentaires - frappées d'interdiction de visas et de gel de leurs avoirs en Europe. Les responsables européens n'ont pas voulu les identifier précisément, soulignant qu'il s'agissait de responsables et experts "identifiés comme ayant des connexions avec le programme nucléaire et balistique iranien".
Néanmoins, aucun dirigeant politique iranien n'est touché par ces sanctions. "Nous voulons avoir un dialogue avec les responsables politiques", a expliqué un diplomate. Les Européens restent ainsi fidèles à la stratégie suivie depuis 2006. Il s'agit d'adopter des sanctions contre le programme nucléaire iranien pour exiger l'arrêt de l'enrichissement tout en proposant à Téhéran un dialogue et une coopération dans les domaines politique, économique et commercial.
Ces nouvelles sanctions - que Washington attendait des Européens depuis des mois - avaient franchi toutes les étapes du tortueux processus de décision de l'UE depuis le mois de mai. Mais les Européens avaient reporté leur feu vert définitif pour qu'il ne coïncide pas avec le voyage en Iran du diplomate en chef de l'UE Javier Solana. Le 14 juin, ce dernier avait présenté une vaste offre de coopération à Téhéran, y compris dans le domaine nucléaire civil au nom des six puissances impliquées dans le dossier nucléaire iranien (Russie, États-Unis, Chine, Grande-Bretagne, France, Allemagne). L'Iran l'avait rejetée, car elle était conditionnée à la suspension préalable par l'Iran de ses activités d'enrichissement.
mardi 24 juin 2008
L'UE lève ses sanctions contre Cuba et durcit sa position contre l'Iran
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