samedi 27 juin 2009

"Huit millions de bassidjis" par Delphine Minoui

Les bassidjis, communément surnommés miliciens pro-Ahmadinejad, ont été au premier rang dans la répression des manifestations de l'opposition depuis l'annonce des résultats contestés de l'élection présidentielle.

Cette organisation paramilitaire - qui compte, selon les experts, entre plusieurs centaines de milliers et huit millions de membres - voue, avant tout, un culte sans limite au guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, leur «gourou» dont ils boivent les paroles comme du petit-lait.

Sa création, par feu l'imam Khomeyni, père fondateur de la République islamique, remonte aux premières années post- révolutionnaires. À l'époque, les bassidjis - parmi lesquels de nombreux jeunes adolescents - s'illustrèrent pendant la guerre contre l'Irak (1980-1988) en constituant des «vagues humaines» chargées d'ouvrir la route dans les champs de mines aux forces plus âgées. Placés sous les ordres des gardiens de la révolution (ou «pasdaran»), l'armée d'élite du régime, ils héritèrent rapidement d'une autre tâche : la répression contre les dissidents, les intellectuels et les jeunes dits trop «occidentalisés».

Aujourd'hui, la milice compte une majorité de membres en civil, mobilisables en cas de besoin, et des unités plus réduites, mais professionnelles et armées. Au nom du «maintien de l'ordre», les bassidjis sont aujourd'hui les «maîtres» de Téhéran, à la nuit tombée.

Ils installent des postes de contrôle, ils fouillent les voitures, ils arrêtent les passagers. «Un véritable état de siège», dit un manifestant.


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