samedi 28 mars 2009

Les Chroniques d'Iran

La réalisatrice iranienne Soudabeh Moradian filme le quotidien de son pays, comme elle le voit, comme elle le vit, sans commentaire. Retrouvez chaque mercredi un épisode des chroniques d'Iran, avec Arte.tv
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mardi 24 mars 2009

Barack Nixon ?

Barack Obama a adressé, le 20 mars, aux dirigeants iraniens, un message solennel exprimant sa "détermination à rechercher un dialogue honnête fondé sur un respect mutuel". Le geste est historique, tant il semble signaler le début d'un dégel, après presque trente ans d'absence de relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la République islamique.

Trente ans, c'est-à-dire depuis la spectaculaire prise d'otages à l'ambassade américaine de Téhéran, qui avait scellé le basculement de l'Iran dans le rôle d'ennemi de Washington au Moyen-Orient. La diplomatie américaine semble prête à opérer un grand virage, rompant avec la décision prise en 2002 par l'équipe de George Bush de classer l'Iran dans l'"axe du Mal", en dépit des efforts que Téhéran avait consentis contre les talibans en Afghanistan.

Ce retournement complet, s'il se confirme, évoque un précédent mémorable. En 1972, Richard Nixon avait stupéfié le monde en se rendant à Pékin pour rencontrer Mao Tsé- toung et établir, pour la première fois, des relations avec la Chine communiste. Les Etats-Unis cherchaient alors à se désengager du Vietnam et à élargir leur palette diplomatique dans la "guerre froide" contre l'Union soviétique. A la veille du voyage, Nixon avait griffonné sur un papier les priorités à aborder : "1. Taïwan - le plus crucial (en référence à la demande chinoise d'une réduction de la présence militaire américaine dans la région). 2. Vietnam - le plus urgent."

L'époque est bien sûr différente, mais on peut imaginer que M.Obama ait rédigé la note suivante : "1. Garanties de sécurité - le plus crucial (pour le régime iranien, qui veut être assuré que Washington a cessé d'en vouloir à son existence même). 2. Irak, Afghanistan - le plus urgent (volonté américaine de trouver une issue à ces théâtres d'intervention militaire)." Le chantier est immense, et les chances de succès sont loin d'être garanties, face à un pouvoir iranien opaque et prompt à tergiverser. Rien n'indique que M. Obama puisse s'envoler de sitôt pour Téhéran. Washington veut privilégier une stratégie des petits pas.

La question centrale, passée sous silence dans le message de M. Obama, est celle des travaux nucléaires iraniens, qui se rapprochent d'une capacité militaire. La Russie est sollicitée pour accroître la pression sur Téhéran. Les Israéliens veulent des garanties, comme les pays arabes du Golfe. La diplomatie est réactivée, c'est une bonne chose. Mais le péril nucléaire iranien reste entier. Et le délai pour le neutraliser se réduit inexorablement.



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vendredi 20 mars 2009

La main tendue d'Obama aux Iraniens

S'il est d'usage pour les présidents américains de publier un message de paix à l'occasion de Nowrouz, le Nouvel An iranien, celui qui émanait chaque année de l'administration Bush n'était jamais très long, et il était essentiellement dirigé vers la communauté iranienne des Etats-Unis. Le message de Barack Obama, diffusé, jeudi 19 mars, alors qu'il était dans l'avion de retour de Los Angeles, tranche singulièrement : le président américain s'adresse directement aux dirigeants de l'Iran, un pays avec lequel les Etats-Unis n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis près de trente ans.


Depuis son entrée en fonctions, Barack Obama réfléchissait à un signe en direction de Téhéran. Un projet de lettre avait été évoqué dans la presse, en réponse au message de félicitations que le président Mahmoud Ahmadinejad lui avait adressé après l'élection du 4 novembre. Mais, à quelques mois de l'élection présidentielle en Iran, la nouvelle administration n'avait pas envie d'avoir l'air de choisir un interlocuteur. Pour le Nouvel An persan, Barack Obama a opté pour un message vidéo de trois minutes trente-cinq posté sur le site de la Maison Blanche et sur YouTube. Il est adressé à tous les Iraniens, et à aucun leader en particulier.



"Je voudrais parler directement au peuple et aux dirigeants de la République islamique d'Iran", dit-il, en rendant hommage à la culture et à la civilisation iraniennes, qui, de la musique aux arts, ont "fait du monde un endroit plus beau et meilleur".

Loin des appels à "changer de comportement" lancés par son prédécesseur, M. Obama prend soin de souligner le "respect" que les Etats-Unis ont pour l'histoire iranienne. Il fait miroiter des perspectives de partenariat et de commerce, insiste sur "l'humanité" commune plutôt que sur les divergences, et cite même un poète persan de l'époque médiévale, Saadi : "Les enfants d'Adam sont des membres d'un même corps, créés d'une même essence." Avant de terminer par la formule rituelle en persan : "Eid-e shoma mobarak." ("Joyeuses fêtes".)
M. Obama reconnaît que, depuis trente ans, les relations entre les deux pays sont tendues. Mais "en cette saison de nouveaux commencements, ajoute-t-il, je voudrais parler clairement aux dirigeants de l'Iran : nous avons de graves différends qui ont grandi avec le temps. Mon administration s'est maintenant engagée dans une diplomatie qui entend traiter l'ensemble des questions qui sont devant nous, et dans la recherche de liens constructifs entre les Etats-Unis, l'Iran et la communauté internationale. Ce processus ne progressera pas par les menaces. Nous recherchons au contraire une relation qui soit honnête et fondée sur le respect mutuel."
RÉACTION FAVORABLE DE L'IRAN
L'Iran a "le droit" de prendre la place qui lui revient dans la communauté des nations, poursuit le président. "Vous avez ce droit, mais il s'accompagne de vraies responsabilités. Cette place ne peut être obtenue par la terreur et les armes, mais par des actions pacifiques qui démontrent la véritable grandeur du peuple et de la civilisation iraniens." Comme il l'avait fait dans son discours d'investiture, il oppose ceux qui "détruisent" à ceux qui ont "le talent de construire et créer".
L'Iran a réagi, vendredi matin, en accueillant "favorablement" ces propos.

M. Obama avait fait de sa volonté d'engager le dialogue avec l'Iran l'un des axes de sa campagne. Depuis qu'il a pris ses fonctions, il a engagé une "révision" de la politique à l'égard de l'Iran qui a déjà fait bouger les lignes. Tout en affirmant que rien n'a changé dans l'objectif qui est d'empêcher Téhéran de se doter d'une capacité nucléaire, et tout en répétant que le processus de sanctions, négociées par les Européens, la Chine et la Russie, reste à l'ordre du jour, les responsables américains ont engagé une diplomatie, d'apparence anodine, de petits gestes.

La secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, a annoncé une conférence internationale sur l'Afghanistan le 31 mars à La Haye, à laquelle Téhéran a été invité. Quelques jours après sa rencontre à Genève avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, le département d'Etat a indiqué que le diplomate Patrick Moon, du bureau de l'Asie du Sud et centrale, allait se rendre à Moscou, le 27 mars, pour une réunion du groupe de Shanghaï (Russie, Chine, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan et Ouzbékistan), et qu'il y rencontrerait probablement les délégués iraniens. Les Etats-Unis n'en sont pas membres mais puisqu'il doit être question de l'Afghanistan, Moscou les a invités. Selon la presse, les Russes auraient fait un geste en suspendant la livraison de missiles S-300 à l'Iran.

L'administration américaine semble avoir décidé d'explorer toutes les possibilités de dégel des relations, sans attendre le résultat de l'élection présidentielle iranienne du 12 juin. Lors de son voyage en Europe début avril, M. Obama doit se rendre en Turquie, pays qui s'est proposé comme intermédiaire entre Washington et Téhéran. Selon la presse, qui cite le quotidien israélien Haaretz, les Israéliens auraient remis à MmeClinton une liste de demandes concernant d'éventuels pourparlers. Notamment qu'une date butoir soit fixée, pour en limiter la durée.



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jeudi 12 mars 2009

l'ex-premier ministre Moussavi, un modéré candidat à la présidentielle

L’élection présidentielle iranienne n'a lieu que le 12 juin et la campagne n'est pas officiellement commencée, mais le camp réformateur compte, depuis mardi 10 mars, un troisième candidat, l'ex-premier ministre Mir Hossein Moussavi, 68 ans.

A la tête du gouvernement au temps de la guerre Iran-Irak (1980-1988), M. Moussavi, un modéré, retiré jusque-là de la vie publique et respecté par les vieilles générations d'Iraniens, rejoint les deux candidats réformateurs déclarés, l'ancien président de la République islamique, Mohammad Khatami, et l'ex-président du Parlement, Mehdi Karroubi. Parmi les conservateurs, aucun candidat de premier plan ne s'est inscrit, même si l'actuel président, le fondamentaliste Mahmoud Ahmadinejad, élu en 2005, laisse entendre qu'il briguera un second mandat. Le "fractionnement" apparent du vote réformateur est aussi, nous a confié un analyste proche de M. Khatami, "une façon concertée d'occuper le terrain, en étant certain qu'un réformateur arrivera au second tour. Et surtout un moyen de contrecarrer l'inévitable "sélection" des candidats qui sera opérée en avril par le Conseil des gardiens (rouage essentiel du régime contrôlé par les conservateurs qui aux législatives du printemps avait invalidé une majorité de candidats réformateurs)." "Cette fois, nous alignons trois candidats de poids, un ex-premier ministre, un ex-président, un ex-président du Parlement, les éliminer tous des listes serait une provocation", estime cet analyste, pour qui "le favori est M. Khatami qui, selon des sondages internes, devrait gagner, si aucune fraude ne se produit".
Marie-Claude Decamps


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mardi 10 mars 2009

LE LIVRE DU JOUR : « L'Iran et la France malgré les apparences »

L'Iran se rapproche du seuil fatidique de la capacité de fabriquer une arme nucléaire. Michel Makinsky de l'Escem (Ecole supérieure de commerce et de management de Poitiers) s'interroge sur la réelle portée des sanctions décidées contre ce pays. Au-delà de celles-ci, il discerne une autre arme plus redoutable : celle des pressions indirectes américaines pour que les sociétés étrangères réduisent leurs relations avec l'Iran. De quoi aggraver les problèmes économiques et donc politiques à Téhéran. Cette méthode ne prépare-t-elle pas cependant la voie à un retour en force des sociétés américaines le jour où les Etats-Unis se rapprocheront de l'Iran ? En tout cas, l'inflexion de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy n'est pas passée inaperçue à Téhéran et les relations sont aujourd'hui tendues.

Les relations entre la France et l'Iran sont anciennes et complexes. Certes, en réunissant des textes publiés à l'occasion du bicentenaire d'un traité signé par Napoléon Bonaparte et l'envoyé de Fath Ali Shah d'Iran le 4 mai 1807 contre la Russie, l'ouvrage collectif prenait le risque d'être sur les points d'actualité parfois dépassé. Mais les récits de cette longue histoire permettent sans doute de comprendre mieux l'enjeu de cette région.
J. H.-R.
« L'Iran et la France malgré les apparences », sous la directionde Mahmoud Delfani, Editions Europerse, 242 pages, 20 euros.



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lundi 9 mars 2009

L'Iran effectue de nouveaux essais balistiques

L'Iran aurait procédé à un nouveau tir expérimental de missile de longue portée, selon une information diffusée, dimanche 8 mars, par la chaîne de télévision iranienne anglophone Press TV. Mais l'agence de presse semi-officielle Fars a indiqué pour sa part qu'il s'agirait d'un missile air-mer d'un rayon d'action de 110 km, pouvant être utilisé par des avions contre des objectifs navals. Cent dix kilomètres est une portée nettement inférieure à celle du missile Shahab, qui, selon les autorités iraniennes, peut parcourir deux mille kilomètres et atteindre ainsi le territoire israélien et les bases américaines de la région du Golfe.

L'Iran procède régulièrement à des manoeuvres militaires ou teste de nouvelles armes pour montrer sa détermination à contrer toute attaque venant d'ennemis comme Israël et les Etats-Unis, qui accusent la République islamique de chercher à se doter de l'arme atomique.

Quelques jours auparavant, un officier iranien de haut rang avait déclaré que les missiles iraniens pouvaient désormais atteindre les sites nucléaires israéliens. Israël, de son côté, n'exclut pas d'intervenir militairement contre l'Iran si la diplomatie ne permet pas de résoudre le contentieux nucléaire avec Téhéran. L'Iran a souvent déclaré que ses missiles étaient à même d'atteindre Israël, mais n'avait pas jusqu'alors mentionné d'objectifs précis. Israël serait le seul Etat du Proche-Orient à disposer d'armes atomiques.


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L'Iran expulse un journaliste italien qui travaillait sans carte de presse

Stenio Solinas était entré en Iran avec un "visa de touriste et avait publié des articles manquant d'objectivité", assure Mohsen Mogadaszadeh, le directeur du ministère de la Culture et de la Guidance islamique.

L'Iran a expulsé un journaliste italien qui travaillait sans autorisation des autorités, a rapporté samedi 7 mars l'agence Fars.
Mohsen Mogadaszadeh, le directeur du ministère de la Culture et de la Guidance islamique chargé des médias étrangers, a affirmé que Stenio Solinas, du quotidien Il Giornale, était entré en Iran avec un "visa de touriste et avait publié des articles manquant d'objectivité".
Il a ajouté que "le journaliste pouvait demander un visa de presse et travailler légalement dans le pays" au lieu d'utiliser un visa touristique. La date de son expulsion n'a pas été précisée.

De nombreux précédents

Les autorités iraniennes ont demandé ces derniers mois à plusieurs journalistes étrangers ayant des visas de presse de quitter le pays, notamment le chef du bureau de la télévision pan-arabe Al-Arabiya, Hassan al-Fahs, ou encore le numéro deux de l'AFP à Téhéran, Stuart Williams.
Il y a plus d'un mois, les autorités ont également arrêté la journaliste irano-américaine Roxana Saberi, pour avoir mené des activités journalistiques alors que sa carte de presse lui avait été retirée.
L'adjoint du procureur de Téhéran Hassan Haddad a toutefois affirmé vendredi qu'"elle doit être libérée dans les tout prochains jours".



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